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Communiqué du Président de l’Assemblée de l’UEO pour la conférence d’amélioration des capacités de la PESD 19/20 novembre à Bruxelles
Paris, 19 novembre 2001 : La réussite de la PESD et de ses ambitions de transformer l’UE en un acteur mondial dans un certain nombre de domaines, y compris celui de la gestion militaire des crises, dépend essentiellement de l’accroissement substantiel des capacités militaires de l’UE. Le calendrier de mise en oeuvre de l’objectif global prévoit que les améliorations de capacité seront réalisées en 2003. Toutefois, les Etats membres, qui commencent déjà à déclarer que 2003 est peut-être un but ambitieux, se débattent pour rattraper les évènements. En effet, ni l’objectif global, ni les missions de Petersberg ne traitent des implications du 11 septembre 2001. 
 
Le concept de la PESD, né à Petersberg, s’inspire largement de l’expérience dans les Balkans. Il est axé avant tout sur les opérations de recherche et de sauvetage, sur les missions d’aide humanitaire et sur la gestion militaire des crises dans le contexte du maintien et de l’imposition de la paix par l’ONU. Mais englobe-t-il la lutte contre le terrorisme sous la forme pratiquée actuellement en Afghanistan ? La PESD doit s’adapter, ainsi que l’objectif global. Cependant, la situation a également changé profondément dans les Balkans depuis le 11 septembre 2001, puisque les Américains risquent de retirer prochainement leurs troupes et de demander aux Européens de prendre leur place et de se substituer à eux dans cette région. Les pays de l’UE y ont déjà près de 40 000 soldats en opération. Ce chiffre n’est pas très éloigné de la limite de 60 000 hommes fixé par l’objectif global. Toutefois, nous aurons à déployer plus tôt que prévu davantage de troupes que nous le pensions et que nous devons entraîner et équiper. 
 
En ce qui concerne la nécessaire amélioration des capacités, quelques progrès ont été enregistrés depuis la première Conférence d’engagement de capacités l’année dernière, mais il s’agissait surtout de remédier à des lacunes urgentes et il n’y a là rien qu’on ne peut qualifier de réussite majeure. Les secteurs des missiles guidés de précision, de la défense antiaérienne ou de la protection des forces armées n’ont guère connu d’avancée. En matière de capacités aéroportées, les premières mesures ont été prises pour la mise en place d’un commandement européen commun du transport aérien. Mais tout ceci n’a guère de sens si les gouvernements ne modernisent pas leurs flottes de transport grâce au projet d’Airbus européen A 400 M. Une décision de l’Italie de se retirer du projet constituerait un grave revers. Nous devons aussi réaliser des percées dans le domaine de la surveillance par satellite. Nous devons créer notre commandement mobile et nos capacités de contrôle. Mais les budgets de défense ne prévoient pas l’augmentation nécessaire à la réalisation de ce dessein. Je ne vois donc pas sur quelle base l’UE pourrait, au sommet de Laken, déclarer la PESD opérationnelle. 
 
Mais sur ces questions, nous avons surtout besoin d’un meilleur échange d’informations entre gouvernements et parlements puisque nous constituons le maillon de communication indispensable avec l’opinion publique. A cette fin, j’appuie la proposition belge de créer un Conseil permanent des ministres de la défense. 
 
Il est aussi souhaitable de renforcer la coopération dans le domaine du renseignement. C’est vrai non seulement dans le cadre de la lutte antiterroriste, mais aussi en cas où nous devrions prendre le relais des Américains dans les Balkans. Les ministres devraient s’engager plus nettement en faveur d’un système plus complet de partage des données de renseignement. 
 
La participation de pays non membres de l’UE au processus d’amélioration de capacités est un autre sujet d’importance. Tandis que les pays candidats à l’UE ont engagé des forces lors de la première conférence, ils ont, par la suite, été découragés de persister dans cette voie parce que l’UE aspire plutôt à surmonter ses déficits en équipements qu’en effectifs et en armes lourdes. Pourquoi ne pas inclure le Canada, notre partenaire non européen au sein de l’OTAN, comme c’était le cas jusqu’à présent quand l’UEO était chargée de la gestion de crise ? Pourquoi ne pas coopérer avec la Russie ? Surtout depuis qu’elle a joué récemment un rôle constructif dans la lutte antiterroriste. Je pense que les Européens doivent aussi réagir à l’attitude nouvelle de la Russie dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité et en tirer parti. 
 
Téléchargez le rapport Meale sur "les equipments militaires pour la gestion européenne des crises" et le rapport Wilkinson sur "le transport stratégique européen".

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