De nouvelles mesures sont nécessaires pour combattre les risques d’attentats terroristes
Paris, le 5 décembre 2001 – L’Assemblée de l’
UEO a réclamé mercredi une série de mesures intergouvernementales pour parer au danger grandissant que représentent les armes chimiques et biologiques depuis les attentats terroristes du 11 septembre et l’alerte à l’anthrax aux Etats-Unis.
Sur la base d’un rapport préparé par Dieter Schloten (Allemagne/socialiste) au nom de la Commission de défense, l’Assemblée a adopté une recommandation exhortant le Conseil à faire pression auprès des pays de l’
UEO en vue du renforcement de la Convention sur les armes biologiques (CAB) et de la mise en place de structures permanentes pour l’échange d’informations et de mécanismes d’assistance.
L’Assemblée a déclaré également que le Conseil devait définir les mesures nécessaires pour protéger plus efficacement les populations civiles contre le risque d’attentats terroristes, et que tous les pays de l’
UEO devraient détruire leurs stocks d’armes chimiques restants. Le rapport souligne que « les Etats sont encore mal préparés pour faire face aux conséquences d’une attaque chimique ou biologique, même d’une ampleur modeste ».
Bien que des progrès aient été réalisés en ce qui concerne l’élimination des armes chimiques, le rapport précise que « les armes biologiques ou l’utilisation éventuelle d’agents biologiques à des fins militaires ou politiques vont continuer de constituer une menace dans les années à venir ». Ce n’est pas seulement leur capacité destructrice qui est en cause, « ce sont aussi les effets à moyen et long terme » sur les plans politique, économique et social.
M. Schloten, qui vient d’être élu pour la troisième fois président de la Commission de défense, a déclaré dans une interview que l’Assemblée examinerait, à sa session de juin 2002, si l’
UEO est à même de se défendre contre des attaques terroristes, et dans la négative, quelles capacités il lui faudrait acquérir pour y parvenir.
Pendant la discussion sur le rapport, un parlementaire britannique a fustigé les Etats-Unis qui, a-t-il dit, font obstacle à tout système de vérification et de contrôle. « L’ironie de la situation veut que, malheureusement, l’obstacle majeur à l’élimination des armes biologiques soit le fait des Etats-Unis », a déclaré Tony Lloyd (Royaume-Uni/travailliste). Le gouvernement américain y est hostile depuis toujours, en raison de pressions émanant de son industrie pharmaceutique et biotechnologique, a-t-il dit. «Le défi auquel nous sommes confrontés est de susciter la volonté politique » de combattre le terrorisme. « L’adoption d’une réglementation pour le contrôle et la vérification des armes biologiques rendrait un service énorme au monde entier ».
La Commission de défense est convenue, lors d’une réunion tenue mardi, de la nécessité de revoir le processus de désarmement de la Conférence de Genève qui « ne parvient pas à régler le problème au stade actuel », a dit M. Schloten. Conformément au Traité de Bruxelles modifié, l’
UEO est censée traiter cette question, mais « elle l’a ignorée pendant des années ». Un troisième rapport sur le désarmement sera présenté à l’Assemblée en juin prochain, qui étudiera quels sont les problèmes, qui doit les régler et comment.
La plus grosse entrave au désarmement en général est l’absence de démocratie dans des pays tels que l’Irak, la Libye et la Corée du Nord, a dit M. Schloten. Même si des traités internationaux sont en vigueur, ce type de régime ne les respectera pas. « Démocratiser ces Etats est la tâche la plus importante qui nous attend ».