Paris le 5 décembre- M. Javier Solana, Haut-représentant de la
PESC et secrétaire général de l’
UEO a estimé mercredi que Yasser Arafat n’est « pas un terroriste » et que tout le monde avait « intérêt à le conserver comme interlocuteur. »
Intervenant devant l’Assemblée de l’
UEO, M. Solana a déclaré à propos du Moyen Orient que la communauté internationale « connaît ses moments les plus durs depuis la Conférence de Madrid, il y a dix ans ». « Il est évident qu’Arafat doit mettre un terme aux actes terroristes commis par des factions palestiniennes », a t-il affirmé . « Personnellement je ne considère pas que Yasser Arafat soit un terroriste. Cette assimilation est une grave erreur, car les interlocuteurs (qui le remplaceraient) ne pourront être que pire, sans aucun doute. Nous avons tous intérêt à conserver Arafat comme interlocuteur », a t-il ajouté en précisant qu’il rencontrerait bientôt Ariel Sharon pour lui dire de vive voix.
Interrogé par ailleurs sur la dimension parlementaire de la
PESD au cœur des préoccupations de l’
UEO, M. Solana a laissé entendre que la question d’un contrôle parlementaire de la politique européenne de défense était prématurée tant que l’
UE n’aura pas « fait ses preuves » dans ce domaine. « Nous ne sommes pas en train de construire une armée européenne.
Actuellement nous parlons de gestion de crises, et non de l’élaboration d’une politique de défense qui n’est pas inscrite dans le Traité de Bruxelles. Nous ne pouvons pas parler de défense sur le plan européen, comme nous en parlons sur le plan national », a t-il expliqué. « Il y a des choses qui relèvent de la compétence du Parlement européen, d’autres des différents pays membres. C’est le cas des politiques de défense en tant que telles », a t-il précisé. Le Haut-représentant a reconnu l’existence de « zones grises », entre ce qui relève de la gestion de crises et de la politique de défense, qu’il convient, selon lui, « d’analyser au cas par cas ».
M. Solana a enfin annoncé que les prochaines réunions entre l’
OTAN et la Russie se dérouleront « sur une nouvelle base à 20 pays » et non à 19+1 comme auparavant, dans un souci de plus grande intégration de Moscou.