Paris, le 5 juin : Il est indispensable de disposer d’une capacité européenne d’observation spatiale pour garantir la sécurité de l’Union européenne (
UE), a déclaré mercredi l’Assemblée de l’
UEO.
Un rapport préparé par Edward O’Hara (Royaume-Uni, socialiste) et Sam Cherribi (Pays-Bas, libéral) pour la Commission technique et aérospatiale, précise que les applications spatiales (…) contribuent à fournir aux décideurs politiques les éléments nécessaires à la conduite d’une véritable
PESD. Selon ce rapport sur « le développement d’une capacité européenne d’observation spatiale pour les besoins de la sécurité de l’Europe », l’absence de volonté politique a jusqu’à présent empêché l’
UE d’adopter une véritable politique spatiale : elle a au contraire maintenu toute une série de programmes nationaux différents.
Pour contribuer à développer une capacité de gestion du champ de bataille, l’
UE doit élargir le rôle de son Centre satellitaire de manière à inclure l’utilisation de systèmes de télédétection, de communication, de météorologie, d’écoute électronique et d’alerte avancée. Le Centre doit avoir ponctuellement accès à l’ensemble des satellites commerciaux et militaires et créer une capacité de renseignement en relation avec un futur service européen de renseignement.
L’
UE doit s’appuyer sur un document préparé par les chefs d’état-major français, allemand, italien et espagnol pour l’élaboration de sa politique d’observation spatiale à des fins de sécurité et de défense, a déclaré l’Assemblée. Ce document préconise un développement par étapes, les segments sol des utilisateurs des différents systèmes nationaux ou bilatéraux actuellement à l’étude constituant l’architecture de la première génération de ce système global d’observation spatiale.
L’
UE devra aussi examiner si le système
GMES (Global Monitoring for Environment and Security), actuellement mis au point par l’Union européenne, est suffisant ou si d’autres systèmes sont nécessaires. Les objectifs majeurs de ce système sont la coordination des programmes spatiaux consacrés à l’observation de la terre, l’étude de l’environnement et la surveillance météorologique.
Il convient de rechercher toutes les synergies civilo-militaires possibles tant au niveau des équipements que des services, afin de réduire les coûts. Mais, comme le souligne le rapport, cette dualité peut présenter des limites, en raison des performances élevées qu’exigent les missions militaires et de leur confidentialité – et se priver de satellites militaires représenterait également une grave régression compte tenu du niveau d’excellence atteint par l’industrie européenne.
Bien que la Commission européenne et l’Agence spatiale européenne (
ESA) aient élaboré une politique spatiale qui comprend la sécurité et la défense, le rapport se pose les questions suivantes : « L’Union veut-elle réellement se doter des capacités d’une analyse politique indépendante et autonome dans le contrôle du déroulement des crises ? Les Etats sont-ils prêts à participer à un projet militaire commun ? »