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Selon le Président Bühler, il faut davantage d’observateurs pour assurer l’impartialité des élections en Macédoine
Paris, le 18 juin 2002 – De retour de sa visite officielle des 16 et 17 juin dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine, le Président Bühler a déclaré que les prochaines élections parlementaires (prévues le 15/9/02) constitueront la pierre de touche du processus démocratique et du degré de stabilité auquel est parvenu le pays. Il a invité le Conseil de l’Europe et l’OSCE à augmenter considérablement le nombre d’observateurs internationaux dépêchés sur place pour surveiller les élections. Des représentants de toutes les tendances politiques et des deux grands groupes ethniques ont exprimé leur inquiétude au sujet de l’impartialité du processus électoral, a-t-il indiqué. Ils ne demandent pas moins de 1200 observateurs et veulent qu’ils soient présents pendant toute la durée du processus. 
Ljube Bokovski, Ministre de l’intérieur, a affirmé qu’il voudrait voir « des observateurs postés devant toutes les casernes des forces spéciales macédoniennes » pour apporter un démenti à l’opposition qui prétend que ces forces pourraient être utilisées pour intimider les électeurs et pour provoquer des incidents. Soumis aux pressions internationales en faveur de la dissolution de la force spéciale des « Lions », il a déclaré qu’elle serait bientôt transformée en unité de gardes-frontières et que sa composition refléterait à l’avenir la diversité ethnique de la population. M. Bühler a salué cette annonce en soulignant que la police et l’armée pourraient jouer un important rôle d’intégration. 
Evoquant l’Accord-cadre d’Ohrid, conclu après la cessation des hostilités interethniques l’année dernière, Stojan Andov, Président de l’Assemblée nationale, a fait le commentaire suivant : « Nous avons payé politiquement le prix de la crise, mais le Parlement se conformera à l’accord et continuera de l’appliquer en coopération avec le représentant de l’UE ». A la suite de cet accord, la nouvelle loi électorale récemment adoptée (un seul tour de scrutin à la proportionnelle) devrait permettre d’assurer un résultat clair et réduire les risques de manipulations, estiment les parlementaires macédoniens. Des représentants de l’opposition sociale-démocrate ont dit que le nouveau gouvernement, quel qu’il soit, devra de nouveau être basé sur le principe de l’inclusion d’un parti albanais, ce qui n’exclurait cependant pas la formation d’une coalition avec le parti récemment créé par l’ancien chef militaire albanais Ali Ahmeti. Le Premier ministre, Ljubco Georgievski, a toutefois condamné la « communauté internationale » qui a « encouragé un activiste terroriste à se transformer en leader politique ». 
La présence de forces internationales dans le pays semble diversement appréciée. Or, c’est une question importante dans la perspective d’une reprise éventuelle par l’UE, fin octobre 2002, de la Force opérationnelle Fox de l’OTAN (TFF : force de protection et d’extraction pour les observateurs de l’UE et de l’OSCE chargés de surveiller le programme de retour de la police prévu par l’accord d’Ohrid), qui deviendrait ainsi la première mission de la PESD. Le ministre de la défense, Vlado Popovski, s’est prononcé pour le maintien de l’engagement de l’OTAN en raison de son action stabilisatrice et de la lenteur du processus d’instauration de la confiance entre les groupes ethniques, tout en demandant à l’OTAN de partager plus largement les renseignements. En revanche, le ministre des affaires étrangères, Slobodan Casule, a déclaré que les progrès étaient évidents et que la présence de forces étrangères donnerait faussement l’impression que le pays a encore besoin d’une protection. Il a invité l’OTAN à multiplier les efforts pour mettre fin à la criminalité organisée qui sévit entre la Macédoine et le Kosovo. Il a estimé important de prévenir les incidents, qui contraignent chaque partie à surveiller l’autre au lieu de rechercher les fraudeurs. 
Interrogé sur la coopération régionale, il a annoncé que Belgrade était parvenu à la conclusion qu’il conviendrait, dans l’intérêt de la région, que la RFY adhère au programme de Partenariat pour la paix. 
Le Chef de l’Etat, Boris Trajkovski, a déclaré qu’après la réussite du programme de retour de la police, les progrès réalisés étaient si prometteurs que la présence de la TFF ne serait peut-être plus requise après les élections. Le Président Bühler a estimé à l’issue de sa visite que l’UE devrait examiner la situation pendant et après les élections avant de prendre une décision sur la reprise de la mission et qu’il conviendrait de suivre avec une attention particulière les progrès réalisés par les autorités nationales pour assurer la présence permanente de forces de police dans les villages concernés par le programme de retour de la police.

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