Paris, le 20 juin 2002 : Dans un discours prononcé hier lors de la commémoration du 10e anniversaire de la Déclaration de Petersberg sur la gestion des crises, le Président de l’Assemblée, Klaus Bühler (membre du Bundestag allemand) a exhorté l’
UE à réviser sa politique de sécurité et de défense en vue d’inclure la lutte antiterroriste parmi les missions dévolues à la
PESD. « Le terrorisme est un problème supplémentaire qu’il faut affronter », a-t-il dit, et « l’
UE ne doit pas limiter son effort aux missions de gestion de crise définies à Petersberg ». Il fait sien l’appel du ministre de la défense espagnol, M. Trillo, à « plus d’Europe » en matière de politique de défense. En présence d’ambassadeurs et d’attachés militaires européens, il a soumis les recommandations suivantes aux chefs d’Etat et de gouvernement européens qui doivent se réunir pour le prochain sommet de l’
UE à Séville, afin que ceux-ci « nous donnent l’assurance que le projet de l’
UE d’élaborer sa propre politique européenne de sécurité et de défense (
PESD) ne tombe pas à l’eau » :
Toutes les mesures préventives imaginables doivent être prises pour prévenir toute attaque dirigée de l’extérieur, du type de celle du 11 septembre,
L’
UE doit décider si elle veut combattre le terrorisme dans le monde avec des moyens non seulement politiques, mais aussi militaires. Dans l’affirmative, elle doit déclarer la lutte antiterroriste comme objectif supplémentaire de la
PESD et élaborer son propre concept militaire afin de pouvoir intervenir dans les cas où l’
OTAN en tant que telle n’est pas impliquée.
L’
UE doit intensifier ses efforts pour devenir opérationnelle sur toute la gamme des missions de Petersberg, y compris les opérations militaires les plus exigeantes, et montrer sa volonté politique d’assumer de telles missions. Une politique européenne de sécurité et de défense ne devrait plus jamais être compromise par une absence manifeste de volonté politique, comme l’
UEO en a fait l’expérience.
L’
UE doit proposer un modèle inclusif de participation à la
PESD qui soit acceptable aux yeux de tous les partenaires de l’
OTAN, en particulier pour les missions dont elle prendrait la direction. Une solution qui exclurait certains partenaires diviserait les Européens et affaiblirait l’Alliance tout entière. A l’opposé, une solution consistant à confiner l’identité européenne de sécurité et de défense dans le seul cadre de l’
OTAN signerait l’arrêt de mort de la
PESD.
La
PESD ne peut être crédible que si elle recueille l’adhésion pleine et entière de tous les Etats membres. L’
UE ne ferait rien pour accroître cette crédibilité si, après le Danemark, elle accordait un régime d’exception à d’autres pays, par exemple à l’Irlande.
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discours)
Intervenant au cours de la même cérémonie, M. Julian Lindley-French, de l’Institut d’études de sécurité de l’
UE, a soutenu sans réserve les recommandations du Président, en affirmant : « Le 11 septembre a provoqué un réveil brutal. Le terrorisme générateur de catastrophes n’est pas près de disparaître et il est de notre devoir de veiller à ce que la
PESD pare efficacement aux menaces que fait peser un état d’esprit moyenâgeux ». Les missions de Petersberg ont été conçues comme un mécanisme dynamique permettant de préparer progressivement une Europe forte à jouer un rôle à part entière pour assurer non seulement sa propre sécurité, mais aussi celle du monde qui l’entoure », a-t-il précisé.
Evoquant son dernier Cahier de Chaillot sur les relations transatlantiques, il a déclaré qu’on ne pouvait pas attendre des Etats-Unis autre chose qu’un comportement unilatéral. Mais ce qui compte, c’est la nature de cet unilatéralisme. « Il ne dépend que de l’Europe d’être à même de rappeler de temps à autre son vieil ami aux réalités». Pour assumer ce rôle, l’Europe doit parler d’une seule voix, améliorer ses capacités et avoir le courage politique de demander au public l’argent nécessaire. Les Européens seront alors en mesure d’influer sur Washington et de faire en sorte que « les Etats-Unis restent déterminés à livrer une guerre contre le terrorisme mondial, et pas seulement une guerre mondiale contre la terreur qui les frappe ».