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Mieux exploiter le potentiel européen de coopération en matière d’armements est un impératif pour les gouvernements, affirment les parlementaires nationaux
Paris, le 20 septembre 2002 : Lors de réunions organisées le 19 septembre 2002 à Paris par la Commission technique et aérospatiale et la Commission de défense sur la coopération en matière d’armements en Europe, les membres ont déclaré qu’il était surprenant de voir à quel point les gouvernements renâclent à utiliser le potentiel que leur offre la coopération en matière d’armements, qui leur permettrait de réaliser des économies et des avancées technologiques.

Les parlementaires ont débattu également la question avec des experts des organismes de coopération européenne dans ce domaine, le GAEO (Groupe Armement de l’Europe occidentale) et l’OAEO (Organisation de l’armement de l’Europe occidentale), qui regroupent 19 pays.

En période de restrictions budgétaires, la solution évidente serait de mettre en commun ces ressources limitées et de collaborer, ce qui éviterait tout investissement inutile dans la recherche et le développement et réduirait les coûts unitaires en augmentant le nombre de projets. La coopération européenne serait au cœur d’un effort visant à préserver l’autonomie stratégique en équipant les forces armées des pays membres.

Mais tel n’est pas le cas : les parlementaires ont donc regretté que les gouvernements agissent trop souvent dans une perspective purement nationale, espérant ne pas avoir à prendre les décisions difficiles auxquelles ils seraient inévitablement confrontés si les projets de coopération en matière d’armement révélaient que la restructuration du paysage industriel actuel est une priorité urgente.

Néanmoins, cette attitude cache souvent des raisons d’ordre essentiellement politique : les gouvernements hésitent tout simplement à renoncer à leur souveraineté dans un domaine qu’ils considèrent comme essentiel pour pouvoir préserver la possibilité de mener une politique indépendante. A l’avenir, les restrictions financières rendront une telle position insoutenable. De même, si certains pays sont prêts à participer à un effort de recherche commun, ils craignent qu’on leur demande de financer de gigantesques projets d’acquisition.

Les parlementaires estiment donc que les programmes de recherche et de technologie doivent être ouverts à un grand nombre de pays et qu’ils pourraient être organisés et financés sous l’égide de la PESD, tandis que le développement de nouveaux systèmes d’armes et l’acquisition d’équipements de défense devrait être confiés uniquement à une structure souple susceptible de gérer un projet d’acquisition donné, auquel souhaiteraient participer un nombre variable d’Etats.

Les parlementaires ont rappelé les nombreux exemples de réussite de la coopération européenne en matière d’armements, qui ont permis la consolidation de l’industrie européenne face à la concurrence américaine, mais ils ont noté que ceux-ci s’étaient pour la plupart limités à l’aéronautique et à l’électronique de défense. Les gouvernements doivent mieux utiliser les instances de coopération existantes telles que le GAEO et l’OAEO plutôt que d’en créer de nouvelles et de fragmenter les efforts de coopération. Les nouvelles structures de coopération ont tendance également à limiter l’accès à un nombre plus restreint de pays.

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