Les Etats-Unis encouragent les Européens à exprimer leur opinion sur la sécurité et la défense
Paris, le 28 octobre 2002 : Résumant ses impressions sur la visite effectuée par la Commission de défense de l’Assemblée à Washington, son président, Dieter Schloten (Allemagne, groupe socialiste), a déclaré que « les Etats-Unis sont à l’écoute de leurs alliés et partenaires européens et recherchent avec eux la meilleure manière de traiter les questions de sécurité qui se posent actuellement».
« Tous nos interlocuteurs ont salué la détermination de l’Europe d’augmenter ses capacités et d’assumer des responsabilités accrues afin de renforcer la sécurité et la stabilité. Mais ils semblent penser que les Européens ne sont prêts à s’engager que dans des opérations militaires de faible intensité et des missions de maintien de la paix, et il nous faut dissiper ce malentendu », a-t-il expliqué.
Les représentants américains ont assuré les membres à maintes reprises que la Force de réaction de l’
OTAN qui est en projet serait complémentaire de l’objectif global européen et ne fera en aucun cas double emploi avec les efforts entrepris par les Européens pour mettre sur pied des forces de gestion de crise.
La lutte contre le terrorisme international et la politique menée par la communauté internationale envers l’Irak ont été les principaux thèmes des discussions politiques au Pentagone et au département d’Etat. « Pour l’administration américaine, il y a un lien entre la lutte contre le terrorisme et la menace que constituent les armes de destruction massive détenues par l’Irak car, depuis les attentats du 11 septembre 2001, il n’y a plus guère de risques qui paraissent acceptables », a déclaré M. Schloten. « Nous comprenons cette position. Le terrorisme est une menace pour nos valeurs communes, c’est pourquoi nous coopérons avec les Etats-Unis pour le combattre. La question des armes de destruction massive doit néanmoins être traitée dans le cadre du Conseil de sécurité des Nations unies, dont l’autorité ne doit pas être mise en cause ».
Les membres de la commission se sont félicités que l’administration américaine travaille à une stratégie à long terme sur le terrorisme international. Ils ont noté également l’impatience croissante manifestée par les Etats-Unis vis-à-vis des dirigeants au Proche-Orient en raison de leur incapacité à trouver des solutions politiques pour le processus de paix. Ils ont salué la nouvelle initiative des Etats-Unis de proposer une feuille de route détaillée et un calendrier explicite pour le processus de paix dans cette région.
La commission a visité également le Coalition Coordination Centre à Tampa, où les membres des délégations ont rencontré individuellement leurs représentants nationaux parmi les 43 pays présents au CENTCOM (Commandement central des Etats-Unis) qui participent à l’opération Liberté immuable (OEF) en Afghanistan. « L’esprit de coopération et le sens de l’engagement qui règnent parmi les pays participants constituent un précieux atout qui continuera de garantir le succès de cette opération. Les Etats-Unis en sont conscients et ils tiennent absolument à préserver la cohésion de la coalition », a dit M. Schloten.
Le Général Delong, Commandant adjoint du CENTCOM, a dit aux parlementaires que les opérations militaires en Afghanistan se poursuivraient tant qu’Al Qaida et des groupes de talibans opposeraient une résistance.
Toute opération dirigée contre l’Irak serait distincte de l’opération Liberté immuable, a expliqué le Général. « Nous pensons que, la mission étant différente, la composition de la coalition sera différente ; elle n’aura donc rien à voir avec les opérations menées en Afghanistan ». Les militaires n’ont pas reçu l’ordre de se tenir prêts à engager une action militaire contre l’Irak, a-t-il précisé. Mais l’Irak est depuis longtemps au coeur des préparatifs militaires et si les ordres étaient donnés, il est probable que la structure du commandement central de cette opération se trouverait dans la région.