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Pour M. Papantoniou, l’UE doit adopter d’importantes mesures pour la défense en juillet prochain
Paris, le 3 décembre 2002 – M. Yannos Papantoniou, Ministre de la défense de la Grèce, a déclaré que l’Union européenne (UE) devait annoncer un certain nombre de mesures importantes le 1er juillet prochain afin de hâter la création de la Force de réaction rapide (RRF) européenne et de satisfaire à l’objectif global d’Helsinki d’ici cette date.

La Grèce, a déclaré M. Papantoniou, représentant la présidence entrante de l’UE et de l’UEO, estime que l’UE devrait mettre en place une politique européenne de sécurité et de défense (PESD) autonome qui serait le corollaire d’un « partenariat stratégique équilibré » avec l’OTAN et les Etats-Unis. Tout retard dans la conclusion d‘un accord avec l’OTAN « serait profondément  regrettable». La Grèce est d’accord avec «  bon nombre des points » de la proposition franco-allemande et fera le maximum pour garantir que ces éléments « soient le point de départ d’une décision commune ».

Il est urgent également que l’UE donne un coup de pouce à son industrie d’armement. « C’est maintenant ou jamais » ; « si nous ne faisons pas immédiatement un gros effort, nous ne rattraperons jamais notre retard » par rapport aux Etats-Unis. Il s’est dit « profondément déçu » que l’UE ne soit pas parvenue à relancer la R&D de défense européenne.

La présidence grecque de l’UE et de l’UEO, qui débutera le 1er janvier 2003, préconisera des fusions transfrontières dans l’industrie des armements afin d’accroître la compétitivité de ce secteur, et recommandera la réalisation de projets de recherche et développement (RD) communs et la création d’une agence de l’armement.

M. Papantoniou a souligné la nécessité pour l’UE d’augmenter ses dépenses de défense afin de réduire l’écart qui la sépare des Etats-Unis, lesquels consacrent 3,5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la sécurité et la défense, contre 1 % seulement en moyenne pour l’UE. Il espère que le Pacte de stabilité, instrument « assez rigide » qui limite le déficit public des pays de la zone euro à 3 % de leur PIB, sera examiné ce mois-ci à Copenhague lors du sommet de l’UE.

Pour M. Papantoniou, qui a contribué, en tant que ministre des finances, à l’élaboration de ce pacte, la solution résiderait en partie dans la mise en commun par les membres de l’UE de leurs ressources et notamment dans le partage des armements.

Il est essentiel qu’une date soit fixée, lors du sommet de Copenhague, pour l’ouverture des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’UE. En outre, Chypre adhérera probablement à l’UE avant le règlement du différend – vieux de 38 ans – entre la Grèce et la Turquie à propos de cette île. La Grèce « soutient avec enthousiasme » la candidature de la Turquie à l’UE pour plusieurs raisons. Elle offre à ce pays « une magnifique occasion » d’entreprendre des réformes politiques, économiques et institutionnelles, ce qui pourrait le rendre plus prospère et contribuerait à diminuer le besoin d’armements dans toute la région et à réduire les tensions sur le pourtour de la mer Egée.

M. Papantoniou a évoqué également la nécessité de maintenir une présence de l’UE et des Etats-Unis lorsque les missions à Skopje prendront fin pour ne pas donner l’impression que les Etats-Unis « se lavent les mains » de cette question.

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