Réunion à Athènes de 200 parlementaires nationaux européens spécialisés dans la sécurité et la défense : « La guerre ne pourra être évitée qu’avec le départ de Saddam Hussein ! »
Athènes, le 18 mars 2003 : Plus de 200 parlementaires nationaux européens, spécialisés dans les questions de sécurité et de défense s’étaient réunis hier à Athènes pour le premier jour d’une série de réunions sur « l’Europe et la nouvelle stratégie de sécurité des Etats-Unis ». Les débats, coprésidés par la présidence grecque de l’
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UEO et l’Assemblée de l’
UEO, se sont déroulés dans une atmosphère tendue en raison de la réunion tenue dimanche aux Açores et de la décision imminente du Président Bush d’intervenir militairement contre l’Irak. Pour bon nombre de parlementaires nationaux, la guerre ne pourra être évitée que si Saddam Hussein quitte rapidement le pays.
Ouvrant le colloque, le Président du parlement hellénique, Apostolos Kaklamanis, a exhorté toutes les parties concernées par la crise irakienne à respecter le rôle des Nations unies. L’ancien ministre grec des affaires étrangères et chef de la délégation grecque à l’Assemblée de l’
UEO, Theodoros Pangalos, a déclaré que le terrorisme international soulevait de nouveaux problèmes, notamment les suivants : qui devrait conduire une action internationale en cas de menace, émanant non pas d’un Etat mais d’un groupe terroriste, d’utiliser des armes de destruction massive, comment et par qui les décisions d’agir devraient-elles être prises, et qui devrait les mettre en œuvre ?
Dans son discours liminaire, le Président Jan Dirk Blaauw a posé à son auditoire la question de savoir si les conséquences des attentats du 11 septembre 2001 avaient été pleinement analysées et si les résultats des enquêtes étaient identiques sur les deux rives de l’Atlantique ; il s’est demandé également si les Etats-Unis avaient vraiment choisi d’agir unilatéralement et si les Européens seraient prêts à prendre leur place dans un monde multipolaire.
Dans un débat sur les conséquences de la nouvelle stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis pour la sécurité mondiale, les parlementaires nationaux des 28 pays de l’
UEO ont accusé le gouvernement des Etats-Unis de mettre en danger la survie des institutions de sécurité nées de la Deuxième guerre mondiale. Nombre d’orateurs ont critiqué l’approche unilatérale de la nouvelle doctrine de sécurité et sa tendance à légitimer ce qui ressemble à un droit d’intervention illimité.
Dans un discours clé, le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, M. Magriotis, représentant la présidence de l’
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UEO, a déclaré que si la section consacrée à la prévention dans la nouvelle stratégie contenait de nombreux éléments de nature à inquiéter les Européens, elle proposait aussi de s’attaquer aux racines du terrorisme en prenant des initiatives diplomatiques et en apportant une aide économique et un soutien spécial aux pays musulmans modérés.
Le rapporteur de l’Assemblée, Lluis Maria de Puig, qui a présenté la nouvelle doctrine de sécurité aux participants, a déclaré qu’un certain nombre d’expressions utilisées dans le document suscitaient l’inquiétude. Ce document stratégique semble soutenir que les Etats-Unis devraient conserver leur suprématie militaire actuelle et considérer la menace constituée par les armes de destruction massive comme suffisamment sérieuse pour déclencher une action préventive unilatérale. Même s’il existe des doutes quant à la gravité d’une menace, le gouvernement des Etats-Unis pourrait se sentir justifié d’intervenir, en ayant pleinement recours à la force armée s’il le jugeait nécessaire. Le rapporteur a ajouté que le terme de « mission », notamment, semait le désarroi chez les Européens : qu’une superpuissance se prétende investie d’« une mission divine » pourrait se révéler dangereux, notamment si l’ambition de diriger se transformait en volonté de dominer.
Le Vice-Président de la Douma russe, Vladimir Loukine, a estimé inacceptable, dans son discours, qu’un pays déclare qu’il ne respecterait l’ONU que si celle-ci votait dans le sens qu’il désire. La Russie avait demandé de façon informelle aux Nations unies de soutenir une intervention en Géorgie, mais après s’être heurtée à un refus, elle s’est pliée à la décision des Nations unies. Il n’est que naturel, a-t-il ajouté, d’attendre des autres qu’ils fassent de même. Pour conclure, il a précisé qu’il importait que la coalition internationale contre le terrorisme et la prolifération reste unie.
A l’issue de cette première journée, les participants au colloque étaient très pessimistes quant à la perspective d’éviter une guerre en Irak.