Veuillez trouver ci-dessous, pour information, le texte de la dernière d’une série de Lettres du Président aux membres de l’Assemblée
Paris, le 28 mai 2003
Chers collègues,
Quelques jours avant notre propre session d’été (du 2 au 4 juin à Strasbourg), j’ai participé avec le président de notre Commission politique, Guillermo Martínez Casañ à la session de l’Assemblée parlementaire de l’
OTAN qui s’est déroulée à Prague et devant laquelle j’ai été invité à prendre la parole. J’ai non seulement évoqué la
PESD et la nécessité d’une dimension interparlementaire fondée sur une large assise, mais aussi souligné l’intérêt que notre Assemblée porte à l’Europe du Sud-Est. Le rapport de Mike Hancock sur « l’évolution de la situation dans l’Europe du Sud-Est » a été distribué et il a reçu un accueil positif. Les questions concernant l’Irak ont largement dominé les discussions au sein de l’Assemblée parlementaire de l’
OTAN.
Au cours de l’intervention qu’il a prononcée à cette occasion, le Secrétaire général de l’
OTAN, Lord Robertson, a mis en avant l’importance de la dimension parlementaire de la coopération intergouvernementale dans les domaine de la sécurité et de la défense et plaidé pour que l’Assemblée parlementaire de l’
OTAN contribue au développement futur de l’
OTAN.
A mon grand regret, je dois vous informer que notre propre Secrétaire général, Javier Solana, n’aura pas le temps d’assister à la session de l’Assemblée de l’
UEO la semaine prochaine, et ce pour la troisième fois consécutivement. Notre déception est d’autant plus vive que la
PESD et la coopération européenne en matière de sécurité et de défense ont actuellement besoin d’un maximum de soutien.
Depuis ma dernière lettre, je me suis rendu à Lund où j’ai participé à une réunion conjointe de Conseil nordique et de l’Assemblée balte le 28 avril. J’ai eu un entretien très fructueux avec le Président du parlement suédois, Bjorn von Sydow, qui, en sa qualité d’ancien ministre de la défense de ce pays, est bien connu de notre Assemblée. Nous avons discuté de la dimension interparlementaire de la
PESD, de la participation des parlementaires suédois aux travaux de notre Assemblée et de la volonté de l’industrie suédoise de la défense d’être associée à la coopération européenne en matière d’armement. La Suède est favorable à la création d’une Agence européenne de l’armement fondée sur l’expérience du
GAEO dont elle est membre de plein droit.
Le 29 avril, je suis parti pour Berlin afin de rencontrer la délégation allemande auprès de notre Assemblée et son président, Joachim Hörster, et j’ai eu des entretiens très constructifs avec des représentants du ministère des affaires étrangères. Le gouvernement allemand, qui, par le passé, s’est montré des plus rigoureux sur les questions budgétaires, a confirmé le rôle de l’Assemblée en tant que forum interparlementaire consultatif doté de compétences spéciales dans les domaine de la sécurité et de la défense, et a déclaré ne pas avoir pour l’instant l’intention de demander des coupes dans le budget 2004 de l’Assemblée. En ce qui concerne l’Irak, il s’avère que l’Allemagne serait disposée à contribuer à « un déploiement de paix » à condition qu’un cadre multilatéral approprié puisse être défini pour cette mission.
Les 5 et 6 mai, j’ai été invité à prendre part à la réunion que tenait la
COSAC à Athènes, présidée par Dinos Vrettos, président de la Commission des affaires européennes du parlement hellénique. Mon offre de contribution aux projets visant à doter la
COSAC d’un secrétariat permanent et à détacher des agents de Paris pour une période d’essai a certes été bien accueillie, mais il est ressorti clairement qu’une majorité de délégations voulaient une autre solution, qui ne soit tributaire ni du Parlement européen, qui avait offert des locaux, ni de l’Assemblée. Toutefois, la question du financement du secrétariat de la
COSAC n’a pas été réglée. L’Assemblée maintient son offre de soutenir les efforts déployés par les parlements nationaux pour doter la
COSAC d’un secrétariat approprié.
J’ai rencontré également le ministre grec des affaires étrangères, Georges Papandreou, qui a vivement apprécié la contribution apportée par l’Assemblée (que l’on peut trouver sur le site web de la présidence – www.eu2003.gr/fr/cat/25 et sur celui de l’Assemblée) à la réunion informelle tenue par les ministres des affaires étrangères de l’
UE à Rhodes les 2 et 3 mai derniers ; il m’a encouragé à continuer à alimenter leur réflexion, ce que je me propose de faire la semaine prochaine dans mon discours à l’ouverture de la session, où je présenterai les éléments d’une stratégie de sécurité européenne.
Le 7 mai, je me suis rendu à Rome pour me joindre à la visite de notre Commission pour les relations parlementaires et publiques au Collège de défense de l’
OTAN. J’ai rencontré également Lamberto Dini, ancien Ministre des affaires étrangères italien et membre de la Convention, qui a regretté que celle-ci ne soit pas plus ouverte au rôle des parlements nationaux au sein de l’
UE.
Enfin les 9 et 10 mai derniers, j’ai participé à une table ronde interparlementaire réunissant des Kosovars et des Néerlandais, organisée dans le cadre du « Projet de pratique parlementaire Est-Ouest » à Pristina. Cette conférence nous a permis d’évoquer nos expériences mutuelles et de débattre sur les relations entre les partis et en leur sein dans le cadre parlementaire. Cette visite à Pristina et les discussions avec des parlementaires kosovars de différentes origines ethniques n’ont fait que renforcer ma conviction qu’il nous faut suivre de près les développements dans cette région et continuer à faire pression sur les gouvernements pour qu’ils ne relâchent pas leurs efforts en matière de reconstruction.
Je pense que l’
UE devrait se préparer à reprendre à son compte les responsabilités de la MINUK si cette mission doit prendre fin avant que les objectifs contenus dans la Résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies soient atteints. Elle devrait créer une « zone européenne spéciale » qui ferait l’objet d’une attention particulière et bénéficierait de crédits accrus afin de soutenir les institutions d’auto-administration provisoires en vue de l’intégration future du Kosovo dans les institutions européennes avec un statut restant à déterminer.
Dans l’attente de vous voir la semaine prochaine à Strasbourg pour notre session plénière, je vous prie d’agréer, chers collègues, mes salutations distinguées.
Jan Dirk BLAAUW