Strasbourg, le 2 juin - M. Jan Dirk Blaauw, Président de l’Assemblée de l’
UEO, a souhaité lundi une présence plus active, dans les Balkans occidentaux, de l’
UE qui, selon lui, doit se préparer à prendre le relais de l’
OTAN en Bosnie et au Kosovo.
Intervenant lors de l’ouverture de la Quarante-neuvième session de l’Assemblée de l’
UEO, M. Blaauw a relevé avec satisfaction les propositions de la Commission européenne en vue d’intensifier le processus de stabilisation et d’association dans les Balkans. L’UE, a-t-il cependant ajouté, « a cruellement besoin d’améliorer ses capacités militaires pour faire face à ses responsabilités » dans cette région. Relevant que « l’opération Concordia actuellement en cours dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine est d’envergure limitée et se déroule dans un environnement relativement sûr », M. Blaauw a estimé qu’il « faudra des effectifs beaucoup plus nombreux, des capacités bien supérieures et un mandat plus musclé si l’
UE veut prendre le relais de l’
OTAN en Bosnie-Herzégovine en 2004 et peut-être au Kosovo dans un avenir plus lointain. »
Plus généralement, M. Blaauw a regretté la persistance de « l’éternelle saga du manque de capacités militaires dont souffre l’Europe », aggravée par la stagnation ou la régression des budgets militaires européens en raison « du contexte socio-économique » et des « contraintes du Pacte de stabilité » monétaire.
M. Blaauw s’est en revanche félicité de la « décision remarquable » de l’
UE de demander au Haut représentant pour la
PESC d’élaborer une stratégie globale relative à une politique étrangère et de sécurité de l’
UE. Selon lui, la partie la plus importante de cette stratégie devra notamment répondre à la question suivante : « Les Etats membres seront-ils à même de définir leurs ambitions et objectifs communs d’une manière suffisamment précise pour pouvoir fournir des conseils clairs qui permettront de prendre des décisions rapides et d’apporter les réponses appropriées lors des crises futures ? ».
M. Blaauw s’est enfin déclaré préoccupé de l’absence totale de prise en compte de la dimension parlementaire dans la future politique européenne de sécurité et de défense et a jugeant « alarmantes » les dernières propositions de la Convention européenne à ce sujet. « La proposition de donner compétence à la
COSAC pour les questions de sécurité et de défense est totalement inacceptable puisque ce serait une régression considérable par rapport à l’acquis collectif des parlements nationaux qui assurent actuellement le suivi de la politique de sécurité et de défense dans le cadre de l’Assemblée de l’
UEO », a-t-il affirmé.