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L’UE doit accroître sa puissance navale, pour la guerre comme pour la paix
Strasbourg, le 3 juin – L’Assemblée de l’UEO a demandé à l’Union européenne (UE) de renforcer sa puissance navale afin de pouvoir projeter une force d’infanterie de marine considérable dans une zone de conflit potentiel de façon à prévenir et gérer les crises et assurer le maintien de l’ordre.

Présentant un rapport intitulé « La défense européenne et la puissance maritime », le président de la Commission de défense, M. Wilkinson (Royaume-Uni/conservateur), a mis en exergue le développement en commun d’un porte-avions par le Royaume-Uni et la France, symbole par excellence de la coopération européenne. « C’est peut-être l’exemple le plus en vue à l’heure actuelle », a-t-il dit.

Notant les graves lacunes dans le transport stratégique maritime européen, le rapport a demandé aux gouvernements de l’UEO « de faire un effort particulier pour combler la faiblesse de ces moyens », de « coordonner et renforcer les capacités des industries de construction navale européennes », de « favoriser une politique de défense comprenant une forte composante maritime » et de « doter les marines européennes des moyens financiers permettant de disposer des porte-avions et grands bâtiments amphibies nécessaires à la constitution d’un groupe aéronaval puissant ».

L’objectif est de « faire la preuve des capacités des forces navales de projeter leur puissance », et d’assurer une présence maritime européenne qui soit un instrument au service de la paix », a expliqué M. Wilkinson. Il s’agit donc aussi d’accomplir des missions humanitaires ou d’évacuation de ressortissants, de maintien de la paix et de gestion des crises, conformément à la Déclaration de Petersberg de 1992. Il n’y a pas de base navale utilisable à tout moment, l’autorisation de survol n’est pas toujours accordée et un porte-avions nucléaire peut avoir « un effet disproportionné par rapport au coût du déploiement ». Si l’on veut satisfaire à l’objectif global décidé par l’UE en 1999, la plus grande faiblesse est l’insuffisance des moyens de transport stratégique. L’objectif global stipule que d’ici 2003, l’UE devra être en mesure de déployer, dans un délai de 60 jours et de soutenir pendant au moins une année, des forces militaires pouvant atteindre jusqu’à 60 000 hommes, capables d’effectuer l’ensemble des missions de Petersberg.

Commentant le rapport, Michael Hancock (Royaume-Uni/libéral) a déclaré que les marines nationales européennes devront s’entendre sur ce qu’elles peuvent offrir comme bâtiments en état de naviguer, avec des équipages parfaitement entraînés et « il leur faudra décider où est le bon créneau » si elles ne veulent pas grever leurs budgets. M. Wilkinson a ajouté que « les marines nationales doivent demeurer la composante essentielle ».

L’Assemblée a recommandé également la réalisation d’une étude sur le rôle des garde-côtes dans l’Union européenne. (UE). Des changements stratégiques se sont produits en mer, notamment depuis la chute du mur de Berlin en 1969, et les pays d’Europe occidentale consacrent plus de temps aux missions de maintien de l’ordre pour combattre les trafics d’êtres humains et de narcotiques, le terrorisme et la piraterie, peut-on lire dans le rapport.

Commentant la recommandation, le vice-président de la Commission de défense, Kevin Macnamara (Royaume-Uni/travailliste) a déclaré qu’il fallait redoubler d’efforts non seulement le long des côtes des pays de l’UE, mais partout en Europe afin de mettre un frein aux activités criminelles qui échappent à tout contrôle.

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