Strasbourg, le 3 juin - M. Antonio Martino, Ministre italien de la défense, a estimé mardi que l’Europe de la défense ne devait pas se considérer comme « une alternative », mais comme un « complément à l’
OTAN ».
Intervenant devant l’Assemblée de l’
UEO à la veille de la présidence italienne de l’
UE et de l’
UEO, M. Martino a souligné que son pays considérait la dimension européenne de sécurité et de défense comme un élément d’importance stratégique majeure, non pas dans une optique antagoniste, mais complémentaire, s’inscrivant dans un rapport transatlantique loyal et équilibré. La présidence italienne, a-t-il affirmé, entend travailler à la consolidation des relations entre l’
OTAN et l’
UE en insistant sur la nécessité de préserver la cohérence et la transparence des capacités militaires en évitant la duplication des forces.
Le ministre a ainsi notamment salué la perspective de la création d’une force d’intervention rapide de l’Union européenne contenue dans l’objectif global européen en matière de sécurité et de défense. Il a également affirmé que « la possibilité d’accès aux capacités de l’
OTAN pour des opérations menées par l’
UE dans lesquelles l’
OTAN ne souhaite pas s’impliquer directement restait prioritaire », même si elle implique « un exercice difficile de conciliation de l’impératif d’autonomie de décision avec les nécessités du partenariat stratégique ». Mais il a aussi insisté sur la nécessité pour l’Europe de « se doter des moyens adéquats sur les plans qualitatif et quantitatif », faute de quoi la responsabilité internationale revendiquée par l’
UE resterait velléitaire.
Le ministre a évoqué un « élargissement de l’éventail des missions de Petersberg » afin que l’
UE soit « progressivement à même d’assumer par elle-même des opérations plus exigeantes » dans le cadre du règlement des crises. Cette montée en puissance de l’Europe de la défense passe, selon lui, par des progrès significatifs de la coopération européenne dans le secteur de l’armement. En réponse à une question de M. Finn Marthinsen (Norvège-CDP), M. Martino a estimé qu’il était dans l’intérêt de l’Europe d’associer les pays du
GAEO non membres de l’
UE aux travaux de la future Agence européenne de l’armement. Parmi les initiatives que prendra la présidence italienne, un symposium « défense-industrie » sera organisé à Bruxelles en novembre prochain afin de favoriser la coopération européenne dans le domaine des armements.
Dans son intervention, M. Martino a également indiqué que la présidence italienne accorderait une importance particulière au dialogue euro-méditerranéen. Le ministre a notamment relevé que la « lutte contre le terrorisme international, dans laquelle nous sommes tous impliqués, influence de manière négative la mlse en œuvre des initiatives du Conseil européen afin de favoriser la transparence et la compréhension réciproques avec les partenaires méditerranéens ».