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Le Commissaire de l’UE Chris Patten présente des mesures pour améliorer les relations entre l’UE et les Etats-Unis
Strasbourg, le 4 juin – Le Commissaire européen chargé des affaires extérieures, Chris Patten, a déclaré mardi que le hiatus entre les discours tenus par l’Union européenne (UE) et nos actions concrètes ne fait qu’aggraver les relations entre l’UE et les Etats-Unis ; il a donc suggéré un certain nombre de mesures afin d’y remédier.

Parmi celles-ci figure l’évolution positive des négociations commerciales de Doha, où l’Europe devrait pouvoir « donner l’exemple en ce qui concerne les règles de commerce internationales en faveur des pays pauvres ». Les hommes politiques doivent convaincre les contribuables de la nécessité « de dépenser plus et mieux » si l’UE veut se doter d’une politique étrangère et de sécurité commune (PESC) plus cohérente et efficace. Il faut trouver la volonté politique nécessaire pour mener à bien la réforme des institutions européennes, conclure des accords d’assistance juridique mutuelle et d’extradition avec les Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme et harmmoniser les réglementations.

Prenant la parole lors d’une session conjointe entre l’Assemblée et la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, M. Patten a minimisé les divergences entre les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) à propos de la guerre en Irak, déclarant que les Etats-Unis « n’avaient jamais été une civilisation ou une culture destructrice », qu’ils n’avaient pas fondamentalement changé depuis les attentats terroristes du 11 septembre et avaient le même système de valeurs que l’Europe. Les sondages ont montré que les opinions publiques européenne et américaine « réagissaient de façon similaire  aux affaires internationales » même s’il existe des divergences à propos du Moyen-Orient.

« Nous espérons faire reconnaître qu’être partenaires, ce n’est pas être rivaux », a-t-il dit. Il a appelé à une plus grande largeur de vues et a ajouté : « nous avons le droit d’avoir nos propres opinions sans (devoir) aller à Washington pour les découvrir ».

L’UE a dû reconnaître que si elle était au même niveau en ce qui concerne le « soft power » (puissance agissant par la persuasion), dans les relations commerciales par exemple, le « hard power » (puissance agissant par la contrainte) n’était pas sans importance. Dans le domaine militaire, nous (l’UE) sommes plus prompts à faire de grands discours qu’à mettre la main au portefeuille ». « Nous devons déployer notre ‘hard power’ pour soutenir le ‘soft power’, et ce en partenariat avec les Etats-Unis ». Presque tout ce que veulent réaliser les Etats-Unis « a plus de chances de l’être en partenariat avec l’Union européenne ».

Si les membres de l’UE avaient pu s’unir sur la question irakiene, « nous aurions été mieux placés pour peser sur le cours des événements ». La sécurité n’est qu’une partie de la réponse dans la lutte contre le terrorisme, a-t-il dit. « Je suis convaincu que les mesures de sécurité et la force armée peuvent parfois apporter la réponse, mais nous ne pourrons pas traiter (le problème) sans porter la coopération internationale à un niveau sans précédent ». Il a observé qu’il fallait aussi prendre des mesures contre l’exclusion, y compris sur le plan social, et la pauvreté. « Je n’excuse pas les activités terroristes » (…). Mais « nous aurons plus de chances de convaincre (les Etats-Unis de la nécessité de nous attaquer à ces problèmes) si nous pouvons prendre des mesures plus efficaces dans le domaine de la sécurité ». Si l’UE n’est pas prête à faire valoir ses arguments, « elle ne se conduira pas en amie et alliée fidèle ».

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