La stratégie européenne de défense doit être « au cœur » de la future Constitution, selon le Premier ministre luxembourgeois
Paris, le 2 décembre –- Le Premier ministre luxembourgeois, M. Jean-Claude Juncker, a estimé mardi à Paris que la « stratégie européenne de défense » et la « clause de défense mutuelle » évoquées samedi dernier à Naples doivent se trouver « au cœur de la future Constitution européenne ».
Intervenant devant l’Assemblée de l’
UEO, M. Juncker s’est félicité de « l’heureuse initiative » prise à Naples par les ministres des affaires étrangères de l’
UE sur la « coopération structurée de manière permanente en matière de défense » et il a souhaité que l’
UE « saisisse cette opportunité » pour inscrire la dimension de sécurité et de défense « au cœur » de la future Constitution qui, sinon, serait « inachevée ». « Comment pourrions-nous nous mettre d’accord sur une Constitution si nous ne prenions garde d’inclure dans son chapitre central une stratégie européenne de défense et ses modalités d’application ?», s’est-il interrogé.
M. Juncker a estimé que « l’
UE a besoin d’une clause de défense mutuelle » car « si l’intégration européenne est à finalité politique, il est évident que l’
UE et ses membres s’engagent à porter secours et assistance à celui de ses membres qui serait attaqué de l’extérieur ». « L’assistance mutuelle est déjà dans les têtes, pourquoi ne pas l’inscrire dans la Constitution », a t-il ajouté.
Le Premier ministre luxembourgeois a engagé la CIG à apporter « les clarifications nécessaires de tout ce qui concerne la défense européenne » afin notamment de dépasser le « débat inquiétant » qui caricature parfois le renforcement de la défense européenne en le qualifiant de « putsch contre les Etats-Unis ». « L’émancipation ce n’est pas le divorce », a-t-il affirmé en estimant que « le renforcement de l’Europe est bénéfique à l’Alliance atlantique qui doit rester et restera le fondement de notre sécurité ». « Il faut mettre un terme aux procès d’intention des deux côtés de l’Atlantique, expliquer pourquoi la dimension européenne de défense doit être rendue plus forte et pourquoi nous avons besoin de l’Alliance atlantique », a-t-il ajouté en estimant que l’objet du « grand débat » sera de « réconcilier ceux qui pensent que nous sommes allés trop loin et ceux qui estiment que nous nous sommes arrêtés trop tôt ».
Dans ce contexte, M. Juncker a souhaité qu’un « contrôle parlementaire » puisse s’exercer sur ces questions à travers un « forum interparlementaire pour ce qui relève de la politique intergouvernementale ». « Il est évident qu’un forum interparlementaire assuré à titre principal par l’Assemblée de l’
UEO doit se mettre en place », a t-il ajouté, précisant qu’il ne voyait pas « d’inconvénient à ce que l’Assemblée de l’
UEO soit chargée de ce travail interparlementaire ». Le Premier ministre luxembourgeois a annoncé que son pays «saisira le prochain Conseil européen à Bruxelles afin de mettre à l’ordre du jour de la CIG cette question de la dimension parlementaire de la
PESD qui a été jusqu’à présent sous-estimée ».