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L’Assemblée de l’UEO demande des explications à Javier Solana sur le « concept de stratégie de sécurité européenne »
Paris, le 3 décembre – L’Assemblée de l’UEO a demandé mardi à M. Javier Solana de venir lui « exposer le plus tôt possible » le « concept de stratégie de sécurité européenne » qui n’a, à ses yeux, fait l’objet d’aucune consultation des parlementaires nationaux des pays concernés par la future doctrine commune de défense européenne.

L’Assemblée souhaite que M. Solana apporte des précisions notamment sur les notions « d’engagement préventif » qui sont proposées et consacre un chapitre particulier « à la coopération avec l’OTAN et les Etats-Unis ».

Sur la base d’un rapport présenté au nom de la Commission politique par M. Giuseppe Gaburro (Italie/fédéré) sur « Les perspectives de la politique européenne de sécurité et de défense », l’Assemblée a souhaité que M. Javier Solana, Haut représentant pour la PESC et Secrétaire général de l’UEO, chargé de préparer le concept stratégique, vienne s’expliquer « le plus tôt possible »  devant les parlementaires nationaux concernés par cette future doctrine stratégique qui engagera collectivement les 25 membres de l’UE. Elle souhaite notamment qu’il précise dans quelle mesure « l’engagement préventif proposé se démarque de la doctrine des frappes préventives défendue par la stratégie nationale des Etats-Unis »  et si la future stratégie européenne de sécurité pouvait « favoriser une extension du droit à la légitime défense collective et individuelle en cas de menaces loin des frontières de l’Europe ».

L’Assemblée a également préconisé que le concept stratégique européen « prenne position » sur les rôles futurs et respectifs « de la doctrine de dissuasion » et de la «défense antimissile ». Selon elle, un « chapitre particulier » devrait être en outre consacré « à la coopération avec l’OTAN et les Etats-Unis ».

En présentant  son rapport, M. Gaburro a exprimé ses craintes que la formule trouvée samedi dernier à Naples sur la « coopération structurée » et la « défense mutuelle » soit « plus faible que les engagements souscrits par les signataires du Traité de Bruxelles modifié » et « risque de se traduire par une fracture entre l’engagement européen et l’engagement transatlantique ».

M. Gaburro s’est en outre fait l’écho des vives inquiétudes des parlementaires de l’UEO quant aux choix à venir de la CIG sur la « dimension parlementaire » de la politique européenne de défense actuellement assurée par l’Assemblée et pour laquelle « l’Union européenne n’a pas prévu de suivi régulier par une instance interparlementaire ».

Sur la base d’un rapport connexe présenté par M. Milos Budin (Italie/socialiste), l’Assemblée a « exhorté la CIG à faire en sorte qu’un mécanisme d’information, de consultation et de dialogue entre le Conseil et une instance parlementaire soit maintenu et développé dans le cadre du Traité constitutionnel avec la participation des délégations des pays candidats et des autres pays européens de l’OTAN non membres de l’Union européenne ». Au cours du débat, plusieurs orateurs ont insisté sur la  nécessité de préserver cette dimension de «contrôle parlementaire » par le biais d’un forum dont l’Assemblée pourrait fournir la base.

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