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Lord Bach : le gouvernement britannique s’oppose à certaines propositions du projet de constitution de l’UE en matière de défense
Paris, le 2 décembre – Lord Bach, Ministre britannique chargé des acquisitions de défense, a déclaré mardi que son gouvernement s’opposait à certaines propositions en matière de défense du projet de Constitution de l’Union européenne examiné actuellement par la Conférence intergouvernementale (CIG).

« Nous n’accepterons pas une clause de défense commune qui contredise ou remplace la garantie de sécurité établie par le biais de l’OTAN. En outre, aucune forme nouvelle de coopération ne doit porter atteinte aux arrangements militaires, circonstanciés et solides, conçus pour apporter flexibilité, ouverture et inclusivité à la PESD (politique européenne de sécurité et de défense) et approuvés à Nice » en 2000. « Seule une coopération structurée, qui (…) vise à rendre la capacité de déploiement plus rapide et plus efficace, pourrait être acceptable ».

Mais il a ajouté que son gouvernement soutenait vigoureusement la mise à jour des missions de Petersberg (humanitaires et de maintien de la paix) et « la création d’une agence européenne intergouvernementale de la défense afin de développer les capacités européennes ». Le Royaume-Uni pense que les lacunes actuelles dans ce domaine « limitent notre aptitude à mener des opérations pour faire face aux crises à bref délai ou avec suffisamment de cohérence ».

Le Royaume-Uni se félicite des contributions italienne et française sur un nouvel objectif global, notamment la reconnaissance de « l’importance des objectifs qualitatifs et de l’interopérabilité » et soutient l’idée que l’UE doit être à même de « déployer, si nécessaire de façon autonome et dans un délai de 15 jours, des forces de la taille d’un bataillon, regroupant 1 500 hommes environ, pour faire face à une crise (…) ».

L’agence devra intégrer les instances de coopération existantes, telles que le Groupe Armement de l’Europe occidentale (GAEO), l’Organisation de l’armement de l’Europe occidentale (OAEO), et surtout l’OCCAR, et s’appuyer sur les réalisations de ces organes. Les modalités précises n’ont pas encore été mises au point, mais elles devraient inclure des arrangements permettant aux pays membres d’organisations telles que le GAEO qui ne font pas partie de l’UE de participer aux travaux de l’agence qui les intéressent.

A propos des acquisitions de défense, il a demandé que les Etats-Unis et les autres pays européens ouvrent leurs marchés et déclaré qu’il entrevoyait « des difficultés si le ‘Buy American Act’ était de nouveau présenté au Congrès (des Etats-Unis) ». Rien ne pourrait être pire pour les Etats-Unis que de devenir protectionnistes, a-t-il ajouté.

Invité à donner son point de vue sur la « coopération structurée », Lord Bach a déclaré que c’était le moyen de développer les capacités si essentielles pour l’avenir de la défense, et que le Royaume-Uni « comptait y participer et y jouer un rôle éminent ». La terminologie utilisée avec insistance à Naples le week-end dernier a fait clairement comprendre que « la garantie de sécurité collective » était le domaine exclusif de l’OTAN, et que la garantie de défense commune de l’UE « reflétait la réalité politique (consistant à offrir) aide et assistance à un pays confronté à une menace ».

La défense, a-t-il ajouté, reste une question « qui relève au premier chef des parlements nationaux », mais son gouvernement voit « une utilité dans l’exercice du contrôle collectif (de la PESD) au niveau européen ».

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