Paris, le 2 décembre – Erkki Tuomioja, Ministre des affaires étrangères de la Finlande, a déclaré mardi que la clause de défense mutuelle contenue dans la constitution de l’Union européenne actuellement à l’examen devait renforcer la solidarité politique, mais non créer une nouvelle alliance militaire.
Si la Finlande avait besoin d’une garantie de sécurité militaire, elle se tournerait vers l’
OTAN, qui demeure la seule option pour l’Europe, a dit le ministre aux journalistes. Après avoir rencontré le ministre français des affaires étrangères, Dominique de Villepin, il a déclaré que la France comprenait les raisons à l’origine de la proposition scandinave d’établir une clause de défense mutuelle qui exclut l’automaticité d’une riposte militaire face à une menace.
Il a ajouté que les ministres de l’
UE allaient examiner à nouveau les différentes propositions sur la coopération structurée et la défense mutuelle en marge de la prochaine réunion
UE-
OTAN qui aura lieu jeudi. Pour M. Tuomioja, tous les Etats membres doivent pouvoir participer à la coopération en matière de sécurité et de défense, mais il sait bien que certains pays sont déterminés à introduire une coopération structurée. Si l’idée l’emporte, la participation devra être basée sur des critères qualitatifs, non quantitatifs.
S’exprimant devant l’Assemblée, M. Tuomioja a regretté que la règle de la majorité qualifiée (VMQ).ne s’applique pas aux décisions relevant de la politique étrangère et de sécurité commune (
PESC), laquelle doit incorporer la politique européenne de sécurité et de défense (
PESD).
En ce qui concerne la dimension parlementaire de la
PESC, il estime que le contrôle exercé par les parlements est extrêmement important, mais qu’il ne faut pas pour le moment envisager un arrangement intergouvernemental. « Nous n’en sommes pas au stade où nous pouvons créer de nouvelles institutions dans le cadre de la constitution, mais dans ce domaine, les choses évolueront considérablement à l’avenir ».
Dans son discours, M. Tuomioja a déclaré que le sens de l’expression « défense commune » n’était pas clair et demandé si cela impliquait une armée européenne, ou la responsabilité vis-à-vis des armes nucléaires du Royaume-Uni et de la France, et quel serait le lien de ce concept avec l’
OTAN.
Bien que les propositions sur les articles 40.6 et 40.7, très controversés, du projet de constitution, présentées par la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni lors de la réunion de la CIG à Naples le week-end dernier aient recueilli une large adhésion, le ministre n’a pas approuvé l’idée de faire de la coopération structurée « un club fermé où les premiers adhérents décident par la suite, entre eux, qui sera autorisé ou non à adhérer ultérieurement ».
Mais quel que soit le degré de flexibilité que comporte la capacité de l’
UE de faire face aux crises, il doit « impérativement rester deux lignes rouges à ne pas franchir ». « L’engagement de forces pour des opérations doit être approuvé par chaque Etat membre – dans le cas de la Finlande par notre parlement – et nous ne pouvons tolérer qu’un groupe de pays utilise le ‘label’ Union européenne sans mandat de l’ensemble de l’Union ».