Paris, le 2 juin 2004. -L’Assemblée de l’
UEO a demandé à ses membres de prendre une série de mesures afin de contribuer à améliorer les capacités opérationnelles des forces terrestres européennes projetables.
Jean-Pierre Kucheida (France, groupe socialiste) a déclaré dans un rapport présenté au nom de la Commission de défense et adopté à l’unanimité ce mercredi que les pays de l’
UEO devaient participer activement aux activités de FINABEL ou aux réunions des chefs d’état-major européens, ainsi qu’au Plan d’action européen sur les capacités (
PAEC). Ils doivent s’assurer également que les budgets sont suffisants pour équiper et entraîner leurs armées de terre en vue des missions de Petersberg (missions humanitaires, d’évacuation de ressortissants, de maintien de la paix et de gestion de crise), et que celles-ci disposent de systèmes de commandement automatisés, de moyens de communication rapides et du soutien logistique nécessaire. Elles doivent aussi constituer des forces de réserve.
Ce rapport intitulé « Les forces terrestres européennes projetables – Réponse au rapport annuel du Conseil », demande également que les recommandations qu’il contient soient prises en compte dans le projet de Constitution de l’Union européenne (
UE).
Présentant le rapport, M. Kucheida a souligné la nécessité de mieux coordonner le commandement des forces terrestres et l’importance des réservistes, qui « joueront un plus grand rôle à l’avenir » tant dans le cadre de l’
UE que dans celui de l’
OTAN. Il a noté des progrès en ce qui concerne la réalisation de l’objectif global de l’
UE, dont le but est d’être en mesure de déployer dans un délai de 60 jours et pendant au moins une année des forces militaires pouvant atteindre jusqu’à 60 000 personnes, afin d’exécuter les missions de Petersberg.
Maintenant que les lacunes et déficits ont été ramenés, en 2003, de 42 et cinq à 26 et huit respectivement, «l’objectif global peut être atteint». Les démarches se poursuivent en vue d’intégrer de nouveaux pays dans les missions communes, et l’Europe réorganise son industrie de défense à tous les niveaux afin d’accroître la compatibilité de ses équipements avec les équivalents des Etats-Unis. «Par rapport à ce qui aurait pu être, les choses ne vont pas si mal», a-t-il conclu.
Au cours du débat, Lluis Maria de Puig (Espagne/Groupe socialiste) a noté que l’Europe avait les effectifs nécessaires pour se déployer rapidement, mais que c’était la volonté politique d’y avoir recours qui lui faisait défaut. Il a fustigé les Etats-Unis pour leur manque de soutien vis-à-vis de l’
UE lorsque celle-ci prend des initiatives en matière de défense. Plutôt que d’insister pour qu’une nouvelle force de réaction rapide soit mise en place au sein de l’
OTAN, les Etats-Unis auraient pu suggérer que l’Alliance « fasse confiance à l’Europe ». Les Etats-Unis « n’ont pas très envie de soutenir les efforts européens » bien qu’ils aient reproché à l’Europe, par le passé, de trop compter sur l’
OTAN.
Intervenant dans le débat, John Wilkinson (Royaume-Uni/Groupe fédéré) a évoqué les progrès concernant la proposition de l’
UE de mettre en place des groupements tactiques qui pourraient fournir jusqu’à 1 500 hommes dans un délai de quinze jours si une crise éclatait. Ce serait une mesure à court terme en attendant l’arrivée des soldats de la paix des Nations unies ou d’une force de réaction rapide de l’
UE. Les discussions se sont focalisées sur la création de sept à neuf groupements, ce qui « ajouterait une dimension supplémentaire aux capacités de l’
UE » mais, a-t-il insisté, ne « constituerait pas une étape vers l’armée européenne ».