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Le ministre de la défense allemand redoute un vide politique sécuritaire si le Traité de l’UEO est dénoncé avant la ratification de la Constitution de l’UE
Paris, le 3 juin 2004 – Peter Struck, Ministre de la défense allemand, a déclaré ce jeudi que le Traité de Bruxelles modifié ne devait pas être dénoncé tant que le Traité constitutionnel de l’UE n’aura pas été ratifié, sinon il y aurait un vide politique sécuritaire. M. Struck a répondu à Mme Brestenska (République slovaque), à propos de l’avenir de l’UEO et de son Assemblée, que les gouvernements membres devraient attendre, pour pouvoir prendre une décision sur l’UEO, son Traité fondateur et l’avenir de son Assemblée, que le Traité constitutionnel ait été ratifié car la situation juridique s’en trouvera modifiée. Mme Brestenska a affirmé que les activités parlementaires de l’Assemblée de l’UEO comptaient beaucoup pour les nouveaux membres de l’UE et de l’OTAN tels que la Slovaquie. Son pays a fait part de son désir d’adhérer sans tarder au Traité de l’UEO. Répondant à l’oratrice, le ministre a reconnu l’importance des travaux de l’Assemblée pour les nouveaux Etats membres. Lors d’entretiens récents avec la présidence entrante néerlandaise, il a été convenu que l’Assemblée devait poursuivre ses activités pendant toute la période nécessaire à la ratification de la Constitution de l’UE. Le ministre estime que les gouvernements continueront de travailler avec l’Assemblée pendant trois ou quatre ans encore.
 
Pour M. Struck, qui s’exprimait devant l’Assemblée de l’UEO, l’Union européenne devra « poursuivre l’édification de sa capacité sécuritaire, sans faire double emploi avec l’OTAN ». « La coopération européenne en matière de développement, d’acquisition et d’entretien des systèmes doit être intensifiée, de même que dans le domaine de l’entraînement ». Sur le plan de la sécurité, l’UE n’est pas encore un « acteur global » au vrai sens du terme, mais elle est de plus en plus un partenaire stratégique pour les Etats-Unis et l’OTAN. Ce n’est pas un simple contrepoids aux Etats-Unis. Il s’agit davantage d’un partage des charges et des responsabilités entre partenaires ayant des intérêts fondamentaux communs. Il n’y a pas d’autre choix que le partenariat. Mais il importe d’étudier quels sont, d’après  les pays, leurs intérêts vitaux, comment faire face aux risques et menaces perçus et quelle priorité accorder au recours à la force – en d’autres termes, comment s’attaquer aux problèmes sécuritaires à l’échelle mondiale.
 
Evoquant la réforme en cours dans les forces armées allemandes, qui vise à mieux les préparer aux missions dans lesquelles elles seront le plus probablement engagées, le ministre a déclaré que la rapidité d’action et l’interopérabilité avec les forces d’autres pays étaient des éléments clés. A la suite de cette réforme, il y aura trois niveaux de forces – l’intervention à court terme pour le maintien de la paix (35 000 hommes), la stabilisation à moyen terme (70 000 hommes) et le soutien à long terme (145 000 hommes).
 
A propos du débat qui se poursuit en Allemagne sur la conscription, M. Struck s’est dit opposé à l’idée de transformer l’armée allemande en armée de métier, principalement pour des raisons financières. Le système actuel, qui repose à la fois sur des appelés, des soldats de métier et des réservistes, garantira un niveau élevé de professionnalisme et l’intégration des forces armées dans la société. Le système de la conscription est un aspect fondamental de la tradition démocratique allemande. Mais jusqu’ici, le Bundestag s’est toujours opposé au déploiement régulier d’appelés dans le cadre de missions internationales de gestion de crise.
 
Depuis 1998, quelque 120 000 soldats ont participé à des opérations multinationales ; 7 900 Allemands sont actuellement engagés dans sept missions différentes conduites sur trois continents, dont 2 000 en Afghanistan, soit la contribution la plus importante apportée à l’ISAF. Il est indispensable d’étoffer la présence de l’ISAF et de l’étendre de Kaboul aux provinces et, à cette fin, de constituer d’autres équipes de reconstruction provinciale. Les forces allemandes et néerlandaises étudient la question de la mise en place d’une équipe de reconstruction provinciale à Pol-e-Khomri, dans la province de Baghlan.
 
A propos de l’Irak, il n’est pas question, pour M. Struck, dans les circonstances actuelles, d’y envoyer une force allemande. Il a refusé également d’envisager que l’OTAN puisse jouer un rôle dans ce pays alors que, « sur le plan militaire, celle-ci ne pourrait pas faire mieux que les forces de la coalition ». Défendant la position adoptée par l’Allemagne, opposée à la guerre en Irak, ainsi que le droit souverain des nations de décider comme bon leur semble sur des questions aussi importantes, il a noté que les Etats-Unis pouvaient certes gagner une guerre par eux-mêmes, mais qu’ils avaient compris, avec l’Afghanistan et l’Irak, qu’ils avaient besoin de l’aide des Européens pour la phase suivante de « reconstruction du pays ». Il a ajouté que l’administration des Etats-Unis était désormais prête à négocier avec l’UE d’égal à égal, ce qui n’était pas le cas avant le conflit en Irak.
 
Quant à la future Agence européenne de défense, elle aura pour mission essentielle de coordonner l’acquisition des équipements de défense européens. Bien que le rôle qu’y joueront les pays européens non membres de l’UE ne soit pas encore clair, le ministre pense que ceux-ci seront associés à terme à ses activités. Mais il sera très difficile pour l’Agence de promouvoir la coopération entre Européens et Américains pour le développement de nouveaux systèmes de défense. Les responsables de l’industrie de défense allemande se plaignent régulièrement qu’il est pratiquement impossible de pénétrer le marché des Etats-Unis.

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