Le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de l’Espagne plaide pour une plus grande solidarité européenne en matière de défense
Paris, le 3 juin 2004 : Le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de l’Espagne, Bernardino León Gross, a rendu hommage, jeudi, à l’Assemblée pour le travail remarquable qu’elle a effectué durant de nombreuses années en assurant l’information des parlements nationaux et de l’opinion publique des pays membres sur les efforts déployés au niveau intergouvernemental pour accroître l’efficacité et la solidarité de la dimension européenne de défense et de la
PESD. L’Espagne est aujourd’hui plus déterminée que jamais à œuvrer à cet objectif, le nouveau gouvernement espagnol étant « à l’avant-garde de ces efforts ».
Depuis longtemps aux prises avec le terrorisme, l’Espagne a compris très tôt l’importance de la solidarité et de la coopération internationale pour combattre ce fléau. Des progrès ont été réalisés depuis cinq ans dans le cadre de la
PESD, mais il reste encore beaucoup à faire pour créer des mécanismes et des instruments de coordination permettant de prendre des décisions judicieuses en matière de prévention des conflits, de gestion des crises et de lutte contre le terrorisme. La
PESD ne peut remplacer l’
OTAN, mais elle doit aider à établir un partenariat stratégique plus équilibré entre l’
UE et l’Alliance atlantique.
Intervenant alors que les six mois de présidence espagnole de l’
UEO/
UE vont prendre fin le 30 juin, M. León Gross a déclaré que le nouveau gouvernement espagnol regrettait que l’on ait mis en doute la « fermeté » de son action contre le terrorisme et que le pays montre déjà, tant par ses actes que par la volonté politique qu’il a proclamée, qu’il fait de la lutte contre le terrorisme une de ses priorités. Il s’est félicité que les dispositions du projet de Traité constitutionnel de l’
UE mettant à jour la liste des missions de Petersberg aient été appliquées rapidement pour venir en aide à l’Espagne après les attentats terroristes perpétrés contre des trains à Madrid en mars. Il a constaté que le projet de Constitution avait surmonté les différends sur la défense mutuelle et respectait les politiques de défense de chaque pays sans entamer leur solidarité. La coopération structurée devrait être ouverte à tous les membres de l’
UE désireux de coopérer et en mesure de le faire, a-t-il dit.
A la question de savoir pourquoi le Conseil de l’
UEO n’avait pas invité les pays d’Europe orientale à adhérer à l’
UEO en tant qu’observateurs ou membres associés, M. León Gross a répondu que le gouvernement espagnol reconnaissait avec le Conseil qu’il n’était pas opportun, à ce stade, d’accueillir de nouveaux pays, alors que la défense européenne est en train d’être repensée. Il a ajouté que l’
UE devait faire face à d’autres crises, notamment en Sierra Leone ou dans le Darfour au Soudan, et que l’Espagne soutiendrait « toute initiative visant à donner à l’Europe de plus grandes responsabilités en matière de réaction aux crises. L’Espagne et ses alliés examinent actuellement la question du Kosovo, a-t-il précisé. Le nouveau gouvernement estime que les instruments mis en œuvre dans la province ont été un échec. L’
UE n’a pas su réagir comme il fallait à la crise.
En réponse aux parlementaires qui ont dénoncé le fait que le Secrétaire général de l’
UEO, Javier Solana, n’ait pas pris la parole devant l’Assemblée depuis décembre 2001, M. León Gross a assuré que celui-ci portait un grand intérêt à l’
UEO et qu’il lui ferait part des inquiétudes suscitées par son absence. « Je suis sûr qu’il en tiendra compte », a-t-il conclu.
A propos de la dimension parlementaire, M. León Gross a déclaré que « le contrôle parlementaire est une nécessité de chaque instant » et que le coordination entre les parlements nationaux et le Parlement européen « pourrait constituer une formule efficace et souple » permettant à l’Assemblée de poursuivre ses travaux. Il a souligné la détermination du nouveau gouvernement espagnol de remédier au déficit démocratique et a critiqué son prédécesseur qui a omis de consulter le parlement national avant de s’engager dans la guerre en Irak. La décision sur la participation à la force de remplacement en Haïti ne pourra être prise à l’issue d’un débat parlementaire, a-t-il ajouté.