Paris, le 30 novembre – L’Assemblée de l’
UEO a invité mardi l’Union européenne à « s’investir davantage » dans les pays du Caucase du Sud (Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie) où, estime-t-elle, la situation demeure « peu stable ».
Dans un rapport présenté par MM. Marco Zacchera (Italie, Groupe fédéré) et Jean-Pierre Masseret (France, Groupe socialiste) au nom de la Commission politique, l’Assemblée a salué la décision prise par le Conseil européen d’inclure l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Géorgie « dans sa politique européenne de voisinage » et la perspective « de plans d’action de la Commission européenne » en vue de favoriser les réformes et de contribuer à la stabilité régionale. Elle considère en revanche qu’il « serait prématuré d’envisager un Pacte de stabilité dans la région du Caucase alors que les conflits en Abkhazie, en Ossétie du Sud et dans le Haut-Karabakh ne sont pas toujours résolus ».
Présentant le rapport, M. Zacchera a souligné la nécessité pour l’Europe « de s’investir davantage dans cette région dont elle dépend pour une bonne part pour ses approvisionnements en pétrole et en gaz », tandis que « les États-Unis y réalisent des investissements énormes ». Mais, souligne le rapport, « le développement du potentiel énergétique de la région revêt une dimension sécuritaire qui ne doit pas être sous-estimée » et « l’instabilité dans le Caucase du Sud accroît de manière significative la prime de risque associée aux projets d’investissements ».
Selon l’Assemblée, l’
UE pourrait avoir « un impact essentiel » dans cette région en y menant « une solide action multidimensionnelle s’appuyant sur tous les instruments possibles ». Dans les trois pays concernés, des progrès importants doivent être réalisés en matière de « lutte contre la corruption, de liberté de la presse, de transparence, d’efficacité et de responsabilisation des institutions publiques », souligne le rapport.
L’UE, ajoute l’Assemblée, devrait « faire le maximum pour empêcher l’Arménie et l’Azerbaïdjan de se lancer dans une course aux armements » visant à résoudre par la force le conflit du Haut-Karabakh alors qu’il pourrait être réglé pacifiquement en s’appuyant sur la coopération. Un effort particulier, estime l’Assemblée, devrait être fait en ce qui concerne la circulation « en grandes quantités d’équipements militaires » en Abkhazie et dans le Haut-Karabakh, en violation des limitations imposées par le Traité sur les forces conventionnelles en Europe.