Pour un rôle central de l’Agence européenne de défense dans la coopération transatlantique
Paris, le 30 novembre – L’Assemblée de l’
UEO a souhaité ce mardi que l’Agence européenne de défense soit appelée à jouer un rôle central dans le nécessaire rééquilibrage de la coopération transatlantique en matière de technologie de défense, actuellement dominée par les entreprises américaines.
Dans un rapport présenté au nom de la Commission technique et aérospatiale, M. Philippe Monfils (Belgique, Groupe libéral) a souligné que l’industrie de l’armement européenne « traversait une période très difficile marquée par une coopération transatlantique soumise à une concurrence vigoureuse », qui profite aux industries d’armement américaines. M. Monfils a rappelé l’importance du fossé entre l’Europe et les États-Unis qui vendent « seize fois plus d’équipements de défense qu’ils en achètent à l’Europe » et « dépensent pour leurs achats en armements le double de la somme totale » qu’y consacrent séparément les 25 pays membres de l’Union. Ces handicaps financiers sont aggravés, a-t-il encore rappelé, par des dispositions juridiques déséquilibrées, selon lesquelles « la législation américaine réglemente strictement les investissements étrangers tandis que les industries outre-Atlantique ne connaissent pas ces contraintes sur le marché européen. »
Déplorant « l‘absence de cohésion européenne, de conceptions conjointes et de moyens financiers dans ces domaines qui renforcent le poids américain », le rapporteur s’est toutefois félicité qu’une « prise de conscience commence à s’opérer » grâce aux efforts déployés par l’
OCCAR et à l’occasion de la création de l’Agence européenne de défense (
AED). « Une volonté politique » accrue doit maintenant se manifester, a-t-il ajouté, « pour faire de l’
AED autre chose qu’un simple organe de coordination et de consultation » et permettre à l’Agence de répondre véritablement à sa mission « de parvenir à un marché européen des équipements de défense qui soit concurrentiel sur le plan international ».
L’Assemblée a recommandé que l’
AED soit dotée des « moyens politiques et financiers » lui permettant de prendre en charge « les compétences en matière de coopération internationale et notamment transatlantique » et de tenter de corriger les déséquilibres actuels. « À défaut d’une redéfinition de la politique européenne sur ces questions, l’
UE risque de devenir un réservoir de sous-traitance des États-Unis », estime l’Assemblée.