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Alessandro Minuto Rizzo, Secrétaire général délégué de l’OTAN, plaide pour une plus grande coopération avec l’UE
Paris, le 30 novembre – L’OTAN et l’Union européenne (UE) devraient élargir leur coopération de façon progressive et pragmatique, sur les plans géographique et fonctionnel, selon Alessandro Minuto Rizzo, Secrétaire général délégué de l’OTAN.
 
Prenant la parole devant l’Assemblée de l’UEO ce mardi, M. Minuto Rizzo a déclaré que « la sécurité est une question holistique. C’est pourquoi l’OTAN et l’UE doivent avoir pour objectif commun de coopérer dans tous les domaines où nos intérêts coïncident, et où les deux institutions peuvent se compléter l’une l’autre ». Le domaine le plus manifeste est la gestion de crise. « Dans les Balkans, nous y sommes parvenus de façon éclatante. Mais nous ne pouvons ni ne devons nous en tenir aux Balkans ». En Afghanistan, l’OTAN joue un rôle de stabilisation sur le plan militaire, tandis que l’UE est le plus important donateur sur le plan financier. Les deux organisations sont essentielles pour l’avenir à long terme du pays ».
 
M. Minuto Rizzo a néanmoins estimé que « nous devons élargir encore plus notre horizon ». L’UE a réagi à la crise humanitaire naissante au Darfour, tandis que les Nations unies demandaient à l’OTAN de fournir une assistance à l’Union africaine. « Je suis convaincu que nous pouvons contribuer à apporter un minium de stabilité et de sécurité aux centaines de milliers de personnes en proie aux plus grandes souffrances. »
 
Le terrorisme et l’amélioration des capacités militaires constituent d’autres domaines où il est important d’opérer en synergie. « Nous devons veiller à ce que les projets prévus par l’objectif global de l’UE soient compatibles avec la planification de forces au sein de l’OTAN. Il est dans notre intérêt à tous d’entamer un dialogue constructif sur le concept naissant de groupement tactique. » « Et nous devons songer également à une coopération plus étroite dans le domaine des armements, surtout au moment où l’Agence européenne de défense est en train de prendre forme. »
 
M. Minuto Rizzo a évoqué ensuite le grand Moyen-Orient et la lutte contre les armes de destruction massive, autres domaines offrant des possibilités de coopération : « la prolifération est un défi majeur pour notre sécurité en ce début du XXIe siècle et il doit être relevé d’urgence. »
 
L’OTAN et l’UE ont certes progressé sur la voie de la construction d’un partenariat solide, car il « n’existe aucune autre relation qui offre davantage de possibilités d’aligner l’environnement stratégique sur nos valeurs et nos intérêts. » Mais elles n’ont pas su exploiter ce potentiel du fait surtout que « nous (…) recherchons la clé qui faciliterait nos relations dans un espace trop restreint, à savoir le cadre de notre coopération avec les Balkans, née dans les années 1990 (ou) les domaines où nous faisons en gros la même chose, je veux parler de la gestion de crise. »
 
M. Minuto Rizzo se rend certes compte que l’ordre du jour en matière de coopération est ambitieux, mais le fait que 19 pays soient membres de l’OTAN et de l’UE, chacun ayant son propre budget de défense et ses propres forces, « devrait faciliter notre cohésion. Et je sens également la montée d’une prise de conscience de la dépendance croissante de nos institutions les unes envers les autres pour une gestion de crise sérieuse en ce siècle nouveau ». Exhortant les membres de l’Assemblée à convaincre les sceptiques de la nécessité de coopérer davantage, il a ajouté que le différend entre les atlantistes et les européanistes appartenait au passé. « Il est clair que nous ne pouvons plus nous permettre de gaspiller davantage de temps, d’énergie et d’argent à maintenir des barrières artificielles ». Les membres de l’Assemblée portent une responsabilité particulière « car vous êtes les parlementaires les plus versés dans les questions de défense et de sécurité. Voilà pourquoi votre voix compte vraiment. Vous pouvez plaider la cause d’une coopération accrue entre nos institutions, à la fois sur le terrain et sur le plan institutionnel. »
 
Répondant aux questions posées, M. Minuto Rizzo a déclaré qu’il n’était pas sûr qu’une réforme institutionnelle de l’OTAN soit une bonne idée. « Nous allons devoir attendre encore un peu avant de trouver la bonne réponse ». Une nouvelle structure risque d’engendrer « davantage de problèmes qu’elle n’en réglerait ». Une organisation telle que l’OTAN doit avoir un système de défense antimissile, mais il se demande si la Russie doit y participer. L’OTAN possède deux valeurs ajoutées : c’est la seule instance qui regroupe l’UE, les Etats-Unis et le Canada, et c’est aussi la seule qui soit apte à gérer des crises.
 
Il est toutefois plus pessimiste en ce qui concerne la réduction du fossé entre les capacités des Etats-Unis et celles de l’UE. Les budgets de défense des pays de l’UE représentent 60 % environ du budget des Etats-Unis, mais si l’on considère l’efficacité militaire, la différence est beaucoup plus grande. L’absence de spécialisation et d’autres facteurs ont certes une explication, mais de ce fait, l’Europe ne se situe pas au niveau où elle devrait être sur le plan mondial. Et il n’est pas optimiste quant aux perspectives de rétablir l’équilibre. « A mesure que les budgets sont en déclin plutôt que l’inverse, je crains que le problème continue de se poser et même qu’il ne s’aggrave à l’avenir. »

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