Imprimer
Presse & Multimédias
| 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |

Le Ministre chypriote George Iacovou menace de bloquer les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE
Paris, le 1er décembre – George Iacovou, Ministre des affaires étrangères de Chypre, a averti ce mercredi que Chypre rejetterait une proposition de l’Union européenne (UE) d’ouvrir les négociations d’adhésion avec la Turquie si le pays ne parvenait pas à se conformer aux résolutions internationales sur la république divisée sur l’île.
 
Les chefs d’Etat et de gouvernement doivent se prononcer sur les négociations d’adhésion avec la Turquie lors du sommet qu’ils tiendront le 17 décembre prochain à Bruxelles.
 
M. Iacovou a déclaré que la Turquie « a des obligations légales et politiques vis-à-vis de l’Union et de ses membres, dont la République de Chypre, qu’elle doit s’engager à respecter afin de faciliter la prise de notre décision le 17 décembre. Nous voudrions être à même de soutenir les aspirations de la Turquie en matière d’adhésion. En fait, notre devise a toujours été ‘aidez-nous pur que nous vous aidions’ ». Si le problème chypriote était réglé, cela renforcerait la transformation de la Turquie et sa candidature à l’UE, tout en contribuant de façon significative à la stabilité de cette région sensible de la Méditerranée orientale. Evoquant la présence de quelque 36 000 soldats turcs à Chypre, il a demandé : « quel critère politique ne viole-t-elle pas ? » Tout règlement devra contenir un calendrier pour mettre un terme à la violation des critères politiques.
 
M. Iacovou a ajouté qu’il s’attendait à ce que la Turquie « se lance dans une normalisation rapide de ses relations » avec la République de Chypre, ce qui implique qu’elle « cesse sa conduite hostile » telle qu’imposer son veto à la présence de son voisin dans un certain nombre d’organisations internationales et régionales et renoncer à toute politique ou action qui retranche la partition de l’île telles que l’exploitation illicite de propriétés appartenant à es Chypriotes grecs et le transfert de colons de la Turquie à Chypre, et constituent en soi des violations dur droit international et du droit européen.3 Le processus de normalisation devrait être entamé dans les meilleurs délais, de préférence avant le sommet de l’UE.
 
Demandant la conclusion d’un protocole d’adaptation à l’Accord d’Ankara et à l’Union douanière qui couvre les dix nouveaux membres, il a ajouté que l’idée que la Turquie puisse ne pas le signer juste avant le sommet de l’UE, de crainte de sembler céder aux pressions, « ne tient pas la route ». L’accord donnerait à la Turquie un accès portuaire aux bâtiments enregistrés à Chypre, ce qui réglerait un problème qui, pour le parlementaire turc Abdulkadir Ates, doit « être corrigé ». Mai s’exprimant devant l’Assemblée, M. Ates a accusé le gouvernement chypriote de faire fi des droits de la communauté turque en bloquant leur liberté de mouvement et leur aptitude à conduire des affaires sur l’île.
 
M. Iacovou a réaffirmé l’engagement pris par son gouvernement de parvenir le plus tôt possible à un règlement global, juste et viable, accepté par les deux parties (pour Chypre), conforme aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, au droit international et aux valeurs et principes sur lesquels l’Europe se fonde. « Tel a été et tel sera toujours notre objectif stratégique majeur et notre priorité absolue ». Déclarant que le gouvernement de Chypre n’avait pas « d’objections de caractère idéologique contre les perspectives d’adhésion de la Turquie », il a précisé que « nous estimons que la perspective d’adhésion d’une Turquie véritablement réformée est pleinement dans notre intérêt et nous avons affirmé à maintes reprises notre sincère désir de nous joindre à un consensus possible pour le début des négociations d’adhésion avec la Turquie ».
 
Saluant la stratégie européenne de sécurité, M. Iacovou a averti que l’élargissement de l’Union européenne « ne devait pas et ne pouvait pas créer de nouvelles lignes de démarcation. Au contraire, il doit permettre d’élargir la portée de la stabilité, du progrès et de la coopération à nos voisins. »Il a salué également l’accord de coopération entre les Nations unies et l’UE sur la gestion de crise, mais condamné « un Etat membre de l’OTAN » qui exploite sa position pour empêcher Chypre et Malte de participer aux discussions, même si elles n’ont rien à voir avec les Accords Berlin plus.
 
Chypre, qui a adhéré à l’UE en mai dernier, « a beaucoup à offrir à l’Union » en tant que base avancée pour les opérations, bouclier contre les nouvelles menaces et passerelle, sur les plans économique et culturel, entre l’Europe et les pays de la Méditerranée orientale et du Moyen-Orient, où l’ampleur du conflit requiert « une attention particulière et une action urgente ». En tant que membre du Quartet, l’UE « pourrait être plus péremptoire, mettant à disposition tous ses instruments (…) afin qu’ils conduisent à la paix. (…). Mais l’UE ne peut se cantonner dans le rôle e fournisseur d’aide financière. Elle doit jouer aussi un rôle politique plus décisif. »

www.assemblee-ueo.eu
AESD - Service Presse et Information - 43, avenue du Président Wilson – 75775 Paris Cedex 16 – France
Tél. 00.33.1.53.67.22.00 – Fax 0033.1.53.67.22.01 - email : press@assembly.weu.int