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Karel De Gucht, Ministre des affaires étrangères belge, s’adresse à l’Assemblée à Bruxelles : la PESD vue par la Belgique
 
 
Paris, le 16 mars 2005 – Karel De Gucht, Ministre des affaires étrangères belge, s’est adressé aux commissions de l’Assemblée le 9 mars 2005 au Palais d’Egmont, dénotant une volonté d’approfondir le dialogue entre les parlementaires nationaux et les gouvernements sur la PESD et de donner davantage de poids aux réunions semestrielles tenues à Bruxelles entre les parlementaires de l’Assemblée et les ambassadeurs représentant les pays membres du Conseil permanent de l’UEO et du Comité politique et de sécurité de l’UE.
Prenant la parole devant plus de 75 parlementaires, en présence des ambassadeurs de l’UEO et de l’UE, M. De Gucht a exposé les réalisations historiques de l’UEO et dépeint son rôle de précurseur pour la PESD en ce qui concerne la gestion de crise civile et militaire. Depuis que l’UE a repris la plupart des tâches de l’UEO, son évolution politique a été remarquable. « Nous arrivons à un stade où la construction s’intensifie et où l’accent est mis sur les capacités », a-t-il dit, donnant comme exemples les objectifs de capacités civiles et militaires et la mise en place de groupements tactiques.

Le ministre a précisé que son gouvernement était « particulièrement satisfait de l’attention portée à l’Afrique » et du Plan d’action de la PESD pour ce continent. Il a ajouté que la République démocratique du Congo était désormais le point de mire de la PESD, « ce qui est une bonne chose ». L’UE a pesé de tout son poids dans ce processus délicat de transition dans un pays d’une grande importance stratégique pour l’avenir de l’Afrique. Les activités de l’UE en République démocratique du Congo ont servi à « illustrer notre thèse selon laquelle la politique européenne [de sécurité et] de défense confère une plus grande crédibilité à la politique étrangère et de sécurité commune » et « l’action diplomatique n’est crédible – et par là même efficace – que si elle s’appuie sur de véritables capacités civiles et militaires. L’UE doit donc avoir – et aura – à sa disposition un éventail complet d’instruments » qui lui permettront de mettre au point les réponses appropriées et variées, y compris sur le plan militaire, à donner face aux défis internationaux et de devenir un acteur et un partenaire qui comptent sur la scène politique internationale. »
 
 
Le ministre a ajouté que l’OTAN et la PESD devaient « se renforcer mutuellement ». Etant donné que les menaces sont désormais plus diffuses, le processus décisionnel devient plus complexe. Quand l’OTAN doit-elle intervenir et de quelle manière ? Pour M. De Gucht, il faut plus que jamais « que les objectifs fixés et les accords conclus soient clairs », et il a demandé la pratique d’« un vrai dialogue politique entre partenaires ». Les partenaires européens doivent se concerter et agir ensemble, s’ils veulent être écoutés des Etats-Unis.

Le ministre a évoqué tout particulièrement la coopération avec la Russie. L’UE et la Russie examinent ensemble les moyens de renforcer leur coopération dans les domaines de la sécurité et de la gestion de crise, mais les discussions sur ces points ont été ardues. Un revirement capital s’est produit après le récent élargissement de l’UE. Le « voisinage commun » de l’UE et de la Russie est désormais une réalité, mais les deux parties n’ont pas encore les mêmes vues sur leurs intérêts communs. M. de Gucht a mis en garde contre « les malentendus qui pourraient surgir ».

M. De Gucht a répondu à Jelleke Veenendaal (Pays-Bas, Groupe libéral) qu’il n’y avait pas de raison que la démocratie ne puisse s’étendre aux pays du Moyen-Orient. Le gouvernement des Etats-Unis et ceux des pays européens se sont entendus sur le principe selon lequel la démocratie est la meilleure forme de gouvernement pour les pays du Moyen-Orient, mais ils ne sont pas toujours d’accord sur les moyens d’y parvenir. Le Président égyptien Moubarak a réagi aux critiques du Président Bush en autorisant pour la première fois des candidats de l’opposition à se présenter aux prochaines élections présidentielles. Mais dans le même temps, Ayman Nour, figure majeure de l’opposition, a été jeté en prison, et les autorités égyptiennes n’ont pas montré un grand empressement à répondre aux demandes de l’UE sur son sort. M. De Gucht a salué les ambitions démocratiques de l’ancien Premier ministre libanais, qu’il avait rencontré peu avant sa mort.

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