Réunion annuelle de l’Assemblée avec le Conseil de l’Atlantique nord :
– La transformation de l’
OTAN se poursuit
– Du « partenariat » transatlantique aux « discussions » transatlantiques ?
– Pas encore de décision sur la politique envers l’Ukraine
Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l’
OTAN :
l’
OTAN soutient une
UE forte
Paris, le 23 mars 2005 – Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l’
OTAN, qui a présidé la réunion annuelle entre les commissions de l’Assemblée et le Conseil de l’Atlantique nord (CAN) le 21 mars 2005 au siège de l’
OTAN à Bruxelles, a déclaré qu’une
UE forte n’était pas incompatible avec une
OTAN forte et que l’
OTAN était favorable à une
UE forte. Il a suggéré de développer et d’élargir les relations entre les deux organisations.
Stef Goris, Président de l’Assemblée, a souligné l’importance, pour les parlementaires nationaux, d’entretenir un dialogue constant avec le Conseil de l’Atlantique nord. L’existence d’une coopération étroite avec l’
OTAN est une des pierres angulaires du Traité de Bruxelles modifié. L’Assemblée est la seule institution parlementaire rencontrant régulièrement les représentants des gouvernements de l’
OTAN et de l’
UEO/
UE (voir communiqué de presse n°3/2005 daté du 16 mars 2005). Le Président Goris a regretté qu’il n’ait pas été possible d’inclure une disposition générale sur la coopération entre l’
UE et l’
OTAN dans le Traité constitutionnel européen. Cette coopération s’appuie actuellement sur les accords Berlin plus, arrangement confidentiel couvrant uniquement le domaine spécifique de la gestion de crise.
Commentant les opérations en cours de l’
OTAN, Jaap de Hoop Scheffer a expliqué que l’Organisation se préparait aux importants événements des prochains mois – les élections législatives prévues le 18 septembre 2005 en Afghanistan et le débat sur le statut du Kosovo. L’
OTAN continuera, sur les deux théâtres d’opérations, de préserver la stabilité tant qu’il le faudra. La mission de formation de l’
OTAN en Irak soutiendra le développement à long terme des forces de sécurité irakiennes. Environ 1 000 officiers seront formés dans des infrastructures situées à Bagdad et 500 autres le seront hors du pays.
Pour Jaap de Hoop Scheffer, il est essentiel de poursuivre le développement de la coopération avec les pays de la Méditerranée, afin notamment d’accroître l’interopérabilité, de combattre le terrorisme et de renforcer le dialogue politique. Il a annoncé qu’il se rendrait prochainement en Tunisie, en Mauritanie et en Egypte.

Ambassadeur Joseph Weyland, représentant la présidence luxembourgeoise en exercice de l’
UEO/
UE, pendant les briefings pour les parlementaires
Les discussions se sont concentrées tout d’abord sur l’attitude de l’
OTAN vis-à-vis de l’Ukraine à la suite des récentes élections. En effet, la coopération telle qu’elle est établie actuellement avec ce pays a été négociée avec le gouvernement précédent et le nouveau n’a pas encore arrêté définitivement sa position sur les relations futures de l’Ukraine avec l’
OTAN. Les ministres des affaires étrangères pourraient décider, à l’occasion de leur prochaine réunion informelle à Vilnius (20/21 avril 2005), quel type de signal doit être envoyé au nouveau gouvernement ukrainien.
Le rôle joué par l’
OTAN dans le dialogue politique transatlantique et l’organisation future de ce dialogue ont été abordés également : il est ressorti de cet échange de vues qu’on s’était peu à peu éloigné de la notion d’
OTAN en tant qu’instance de « partenariat transatlantique » pour se rapprocher de l’idée d’un forum de « discussions transatlantiques ». Le dialogue transatlantique se poursuit au sein de l’
OTAN, qui a mis de côté les dissensions sur l’intervention en Irak. Ce qui compte désormais, c’est de donner forme à ce dialogue. S’agissant d’un éventuel partage des tâches entre l’
OTAN et l’
UE, les représentants du CAN ont estimé qu’une répartition géographique n’était pas envisageable, de même qu’il n’était pas concevable de prendre comme critère l’intensité d’une opération militaire donnée – chaque situation doit être examinée au cas par cas et les accords existants de coordination entre les activités de l’
UE et celles de l’
OTAN pourraient être développés. L’
OTAN doit être prête à affronter les menaces immédiatement, là où elles se présentent, et les pays membres doivent être à même de s’acquitter d’un large éventail de missions.
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Briefing de Stefanie Babst de la Division diplomatie publique de l' OTAN |
A propos des relations
OTAN/Russie, l’accent a été mis sur le rôle de cette dernière en tant qu’acteur de premier plan sur la scène internationale et sur le fait que de nombreuses questions actuellement examinées par le CAN ont une dimension russe, y compris la situation en Géorgie et en Moldova. La Russie souffre d’un syndrome d’isolement et d’implosion. Les relations avec ce pays sont ouvertes et pragmatiques et les discussions entre les deux parties sont celles de deux partenaires.
Les membres de l’Assemblée ont posé des questions sur (notamment) : les relations
OTAN/Russie (Bart van Winsen, Pays-Bas, groupe fédéré et Adrian Ciorojanu, Bulgarie) ; le rôle politique de l’
OTAN et ses rapports avec les Nations unies et l’
UE (Jean-Pierre Masseret, France, groupe socialiste, Ignacio Cosido, Espagne, groupe fédéré et Georges Foulkes, Royaume-Uni, groupe socialiste) ; la situation en Moldova et en Géorgie (Pedro Agramunt, Espagne, groupe fédéré) ; le stade actuel d’intégration des nouveaux membres de l’
OTAN (Jirl Oberpfalzer, République tchèque) ; les inquiétudes soulevées aux Etats-Unis par la politique de l’
UE vis-à-vis de la Chine en matière d’exportations d’armements (Michael Hancock, Royaume-Uni, groupe libéral) et la nécessité d’avoir un mandat des Nations unies pour déployer la Force de réaction de l’
OTAN (NRF) (Renzo Gubert, Italie, groupe fédéré).
Les parlementaires ont entendu également les personnalités suivantes : l’Ambassadeur Joseph Weyland, représentant la présidence luxembourgeoise en exercice de l’
UEO/
UE, Dominique Struye De Swielande, Ambassadeur de Belgique, Stefanie Babst, de la Division diplomatie publique de l’
OTAN et Pol de Witte, de la Division affaires politiques et politique de sécurité. Au cours des réunions au siège de l’
OTAN, le Président Goris s’est entretenu également avec Robert Simmons, Représentant spécial du Secrétaire général de l’
OTAN pour le Caucase et l’Asie centrale.
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