Paris, le 13 juin – Stef Goris, Président de l’Assemblée de l’
UEO, a déclaré ce lundi que la crise que traverse l’Union européenne (
UE) en raison des déboires du Traité constitutionnel « pourrait être exploitée comme une chance à saisir » et qu’on ne saurait tolérer qu’elle fasse obstacle à la poursuite des objectifs de sécurité européens.
Ouvrant la première partie de la Cinquante et unième session de l’Assemblée parlementaire de l’
UEO, M. Goris a déclaré que la « situation nouvelle offre une chance de faire en sorte que les lacunes du Traité constitutionnel puissent être comblées » – notamment en ce qui concerne l’octroi aux parlements nationaux d’un rôle collectif par trop restrictif. Etant donné que les dispositions du traité sur la défense collective ne sont pas contraignantes, les recommandations de l’Assemblée visant à maintenir le Traité de Bruxelles modifié sont « d’autant plus pertinentes ». Il est grand temps que les nouveaux membres de l’
UE et de l’
OTAN adhèrent au Traité de Bruxelles modifié afin de bénéficier du « seul engagement européen contraignant en matière de sécurité collective ». Etant donné les ambitions croissantes de l’Union européenne qui, selon la Stratégie européenne de sécurité, entend assumer des responsabilités militaires dans la gestion des crises, cette question est devenue urgente. »
Le Président Goris a souligné que rien n’empêchait « de poursuivre les travaux préparatoires pour des coopérations structurées et/ou renforcées en attendant une décision commune entre les gouvernements sur le cadre juridique à donner à de telles coopérations dans le cas où le Traité constitutionnel ne verrait pas le jour ». Le Traité de Nice permet la coopération entre deux Etats membres ou davantage et évoque précisément le cadre de l’
UEO, a noté le Président. Quel que soit le sort du Traité constitutionnel, « nous devons faire savoir à nos gouvernements que nous souhaitons qu’ils ne relâchent pas leurs efforts pour atteindre leurs objectifs en matière de politique européenne de sécurité », mais « il ne serait pas productif – cela pourrait même être dangereux – d’en tirer des conclusions hâtives et de transmettre aux gouvernements des recommandations qui ne sont pas étayées par un examen approfondi. »
L’Assemblée doit faire clairement comprendre que rien saurait empêcher des projets concrets tels que l’Objectif global civil et militaire, la mise sur pied des groupements tactiques et la lutte contre le terrorisme d’aller de l’avant comme prévu. Les efforts visant à rendre opérationnels l’Agence européenne de défense, la Cellule de planification civilo-militaire ou le Centre de situation doivent se poursuivre. Tous ces projets « font partie d’une politique commune qui ne doit pas être affectée par des incertitudes quant à l’avenir du Traité constitutionnel », a-t-il dit, ajoutant que la réussite dans la mise en œuvre de cette politique « dépend uniquement de la volonté commune de nos gouvernements ».
Soulignant que la politique européenne de sécurité et de défense (
PESD) n’aurait « pas de véritable légitimité » sans le soutien démocratique de l’Assemblée, il a noté que l’Assemblée serait invitée, pendant cette session, à accorder le droit de vote en commission aux délégations parlementaires de tous les Etats membres de l’
UE qui ne sont pas membres de l’
OTAN. « Pas à pas, nous instaurons ainsi une véritable Assemblée interparlementaire européenne de sécurité et de défense, dotée indéniablement d’une réelle vocation ».