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Pour le Président croate Stjepan Mesic, il faut redoubler d’efforts pour retrouver Gotovina
Paris, le 14 juin 2005 – Le Président croate Stjepan Mesic a déclaré ce mardi que son pays devait redoubler d’efforts pour retrouver le général Ante Gotovina, criminel de guerre en fuite, et renforcer la coopération avec les services de renseignement étrangers.
 
Dans son discours devant l’Assemblée, il a insisté sur le fait que Gotovina n’était pas en Croatie et que le gouvernement faisait tout son possible pour mettre la main sur lui. « Notre coopération est totale – nous avons suivi toutes les pistes et sommes allés à la recherche d’informations » permettant de l’arrêter. Comme on lui demandait si l’absence de Gotovina faisait obstacle à l’adhésion de son pays à l’UE, il a répondu lors d’une conférence de presse : « nous sommes les otages d’une seule personne alors que nous devons convaincre le Tribunal pénal international (pour l’ex-Yougoslavie, à La Haye) et la communauté internationale que nous respecterons tous nos engagements (nous ferons juger les criminels de guerre). Pourquoi voudrions-nous protéger une personne ? Quelle serait la logique d’une telle démarche ? » Il a ajouté que la Croatie devait faire le maximum pour retrouver Gotovina, y compris en intensifiant ses relations avec les services de renseignement étrangers.
 
Le Président Mesic a reconnu que la Croatie avait eu du mal à coopérer avec le tribunal jusqu’en 2000 car l’opinion publique considérait que les victimes ne pouvaient être des criminels. Mais maintenant, « nous reconnaissons que les Croates ont eux aussi commis des crimes ». « Les individus qui ont donné de l’argent aux criminels, les ont cachés ou leur ont procuré de fausses identités sont poursuivis ». « Nous attendons les verdicts ». Il a souligné que la Croatie était régie par l’Etat de droit et soutenait le principe de la culpabilité individuelle pour les crimes de guerre. « La notion de culpabilité collective est révolue, (ce) qui est dans l’intérêt national ».
 
A propos du rejet par la France et les Pays-Bas du Traité constitutionnel, il a déclaré que l’importance du « non » ne devait pas sonner le glas de l’élargissement de l’Union européenne. « Je ne pense pas que cela arrêtera le processus, (mais il est vrai que) cela ne l’accélérera pas ». « Le processus ne peut s’arrêter (en raison notamment du fait que les pays de l’Europe du Sud-Est) n’ont pas d’autre choix ou possibilité » pour aller de l’avant. « Nous ne pouvons rejoindre les Etats-Unis, et ne pouvons rester isolés » du reste de l’Europe ou être « marginalisés ». Soulignant que l’Europe doit « être unie dans la diversité », il a ajouté que toutes les minorités devaient être protégées par les mêmes normes démocratiques qui existent dans les Etats membres. Dans une Europe unifiée, les frontières seront ouvertes et nous deviendrons tous des minorités nationales car aucune nation ne sera majoritaire. »
 
En ce qui concerne les réfugiés croates, le gouvernement s’efforce de dynamiser la croissance économique afin qu’ils puissent retrouver un travail et apporter leur contribution à la société plutôt que de vivre de subsides.
 
Répondant à une question sur le statut futur du Kosovo, le Président Mesic a noté que le Premier ministre serbe, Vojislav Kostunica, avait déclaré que le Kosovo devait être « plus qu’autonome, sans pour autant être indépendant », mais qu’il n’avait pas dit ce que cela signifiait. Pour le Président Mesic, les problèmes auxquels est confrontée la région, que « l’histoire a traitée durement », ne pourront se régler que par la négociation. Lorsque le Président Tito détenait le pouvoir en ex-Yougoslavie, la minorité albanaise avaient obtenu d’importants droits, y compris ceux d’avoir ses propres écoles et un siège au Conseil présidentiel. L’ex-Président Slobodan Milosevic a réduit ces droits à néant, s’efforçant de faire des Albanais des parias et de les chasser du Kosovo dans le but de déstabiliser l’Albanie et la Macédoine.
 
A propos du différend avec la Slovénie sur les eaux territoriales, le Président Mesic a déclaré que si les négociations échouaient, la Croatie s’en remettrait à la décision d’un arbitre. Elle satisfait maintenant aux critères pour adhérer à l’OTAN, sauf en ce qui concerne ses stocks d’équipements militaires. Il s’agit « juste d’une question d’ordre financier » – « remplacer les armes perdues pendant les troubles dans les Balkans, qui étaient de toute façon originaires de l’Est. »

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