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Le gouvernement britannique demande que l’UE continue à développer ses capacités en matière de PESD
Paris, le 15 juin 2005 – L’Union européenne (UE) doit continuer à élaborer sa politique européenne de sécurité et de défense (PESD) en dépit du rejet par la France et les Pays-Bas du Traité constitutionnel, a déclaré ce mercredi l’Ambassadeur du Royaume-Uni en France, Sir John Holmes.
 
Prenant la parole devant l’Assemblée au nom de Jack Straw, Ministre des affaires étrangères et du Commonwealth, Sir John a déclaré qu’il était essentiel pour l’UE de continuer à développer ses capacités. Le renforcement de la PESD sera l’un des thèmes clés de la présidence semestrielle de l’UE, qu’entamera le Royaume-Uni le 1er juillet prochain. La PESD se fondant sur les accords et traités existants, les votes négatifs lors des référendums sur le Traité constitutionnel ne donnent pas un coup d’arrêt à toutes les activités européennes. Même si l’Europe a été critiquée à bien des égards pendant les campagnes, « la politique de défense n’était pas particulièrement visée ». Il est donc raisonnable de poursuivre sur la base actuelle en ce qui concerne la PESD, qui fonctionne bien et bénéficie d’un certain soutien populaire.
 
Sir John a déclaré que pendant sa présidence, le Royaume-Uni espérait parvenir à un accord sur un cadre financier triennal pour l’Agence européenne de défense (AED) afin qu’elle puisse commencer à planifier ses tâches à compter de 2006. Elle se concentrera sur le déploiement rapide et les achats publics afin « de finaliser une liste de besoins et d’approuver un plan d’amélioration des capacités » et elle s’efforcera de rendre la PESD plus cohérente par une coordination plus étroite entre les institutions et instruments dont dispose l’UE. Le Royaume-Uni espère que la nouvelle Cellule civilo-militaire va élaborer un cadre destiné à soutenir la planification opérationnelle et il est tout à fait favorable à la poursuite de la coopération avec l’OTAN.
 
Répondant aux questions posées par les parlementaires, l’Ambassadeur a déclaré que « même en faisant un gros effort d’imagination », on ne pouvait pas dire que le Traité était mort ni qu’il était douteux « qu’il entre tôt ou tard en vigueur ». Rappelant que Tony Blair avait demandé de faire une pause pour réfléchir, il a mis en garde contre la tentation de ne retenir que « les meilleurs morceaux » du texte et de bafouer la démocratie en appliquant des parties sélectives du traité. Il a toutefois noté que l’UE continuerait à aller de l’avant en ce qui concerne l’Agence européenne de défense et démenti que la poursuite des activités dans d’autres domaines techniques puisse être considérée comme une ratification « par la petite porte ».
 
Sir John, qui s’adressait à l’Assemblée deux semaines avant le 1er juillet, date à laquelle le Royaume-Uni doit prendre également la présidence de l’UEO pour un an, a déclaré qu’à l’issue des récents votes négatifs, l’Assemblée de l’UEO « demeure extrêmement importante, tout comme le rôle joué par les parlements nationaux ». En l’absence de toute instance parlementaire susceptible de la remplacer, elle « continuera à jouer un rôle essentiel, comme par le passé ».
 
L’Ambassadeur a répondu, à propos des tentatives de persuader l’Iran de renoncer à son programme nucléaire, qu’il espérait que les négociations allaient se poursuivre « en dépit des difficultés patentes que nous rencontrons ». Si l’Iran ne suspend pas ses activités d’enrichissement d’uranium et ne signe pas le protocole additionnel de l’AIEA, la situation sera extrêmement grave, a-t-il reconnu, et « nous porterons peut-être l’affaire devant le Conseil de sécurité des Nations unies », ajoutant qu’il était plutôt enclin à l’optimisme et voulait croire que l’Iran respecterait ses engagements.
 
En ce qui concerne les projets de l’UE de lever l’embargo sur les armes à destination de la Chine, Sir John a déclaré que le principe n’était pas mis en question mais qu’il faudrait réexaminer les modalités et le calendrier. Semblable démarche requiert « davantage de réflexion et de préparation, et implique de dialoguer avec les partenaires stratégiques ». Prenant note des inquiétudes des Etats-Unis et du Japon, il a ajouté que l’UE « doit expliquer pourquoi elle agit ainsi ». Il faudra également réexaminer le Code de conduite de l’UE en matière d’exportations d’armements avant de pouvoir reprendre ces exportations à destination de la Chine.

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