La présidence autrichienne veut promouvoir une meilleure coopération civilo-militaire européenne
Paris, le 5 décembre – M. Günther Platter, Ministre de la défense de l’Autriche, a déclaré ce lundi que son pays considère comme l’une des « priorités » de sa prochaine présidence de l’
UE et de l’
UEO un « approfondissement de la coopération civilo-militaire » qui apporte des réponses européennes « coordonnées et visibles », notamment aux catastrophes naturelles.
Intervenant devant l’Assemblée de l’
UEO, M. Platter a rappelé que la « spécificité de nombreuses opérations menées sous l’égide de l’Union européenne est leur caractère civilo-militaire » ; ces opérations associent en effet des militaires, des policiers et des civils. Or, si l’Europe a fourni « 600 militaires » pour venir en aide aux populations victimes du tsunami en Asie du Sud-Est, elle s’est révélée « pratiquement invisible » en tant que telle lors de cet événement en raison de « la rivalité des Etats membres soucieux d’arriver les premiers sur le terrain en dehors de toute coordination ».
« Il n’est pas possible que cette situation perdure. L’
UE doit apparaître comme une entité coordonnée », a estimé M. Platter en précisant que la prochaine présidence autrichienne proposerait des solutions « afin d’améliorer la coordination des opérations civilo-militaires en cas de catastrophes naturelles », mais aussi pour les actions menées sur le continent africain.
L’Autriche proposera la nomination d’un officier de liaison entre les cellules civilo-militaires du
SHAPE pour l’
OTAN et de l’Etat-major de l’
UE. M. Platter a également souhaité la création d’un « pool d’experts européens capable d’intervenir dans les 24 heures après une catastrophe » pour fournir une assistance et mettre sur pied des équipes européennes d’intervention.
Une des autres priorités de la présidence autrichienne en matière de
PESD concerne les Balkans où « l’
UE doit à l’avenir assumer davantage de responsabilités de manière à ce que les pays de cette région se rapprochent davantage de l’Europe ». Le ministre autrichien a ainsi mis en garde contre la tentation de retirer trop rapidement les forces de l’
UE présentes dans cette zone. Evoquant la Bosnie-Herzégovine où « les choses évoluent favorablement », il a estimé « indispensable de consolider la présence de la force européenne ». « Nous pouvons réduire de façon très limitée le contingent – de 6 700 à 6 000 hommes et femmes – mais cela ne doit rien changer sur le plan qualitatif », a-t-il affirmé.