Les gouvernements et l’Agence européenne de défense doivent encourager la consolidation de l’industrie navale européenne
Paris, le 7 décembre – L’Assemblée de l’
UEO a demandé d’une part à l’Agence européenne de défense (
AED) d’accorder une importance prioritaire à l’industrie navale européenne de défense, d’autre part aux gouvernements de l’
UE de favoriser les regroupements entre les constructeurs, condition essentielle du succès de la politique européenne de sécurité et de défense (
PESD).
Présentant un rapport intitulé « L’avenir de l’industrie navale européenne de défense », adopté à l’unanimité, Elvira Cortajarena Iturrioz (Espagne/Groupe socialiste) a déclaré que l’
AED « a les moyens » de stimuler la restructuration et la réorganisation du secteur afin de soutenir sa compétitivité, mais que cela ne sera possible que si les gouvernements soutiennent cette démarche en faisant preuve d’« une réelle volonté politique ». Il faudra donc fournir aux entreprises le cadre juridique leur permettant de fusionner, harmoniser les normes et réglementations juridiques, standardiser les systèmes d’acquisition et faire converger les budgets de défense. Elle a déploré que jusqu’ici, la coopération ait été « assez faible ».
Le rapport présenté par la Commission technique et aérospatiale reconnaît néanmoins que l’
UE doit surmonter les obstacles auxquels les Etats-Unis ne se sont pas confrontés. « Nous sommes gênés par les différences de cultures et par une plus grande complexité du tissu industriel », a déclaré Mme Iturrioz. « Certaines entreprises sont étatisées, d’autres sont privées, et d’autres encore sont mixtes ». Le rapport ajoute qu’« il faut insister sur le fait que sans programme européen, la tâche qui consiste à créer un, deux ou trois grands groupes navals européens ne sera pas possible, et il faut pour cela que les pays s’accordent sur les besoins en matériels, assortis d’un calendrier commun et conçus pour des missions semblables ».
Dans sa recommandation, l’Assemblée invite les Etats membres de l’
UEO, en tant que membres de l’
UE, « à s’impliquer immédiatement et conjointement avec l’industrie et l’
UE dans un projet pour l’avenir de l’industrie navale européenne de défense, dont dépendent non seulement la survie de celle-ci mais aussi le succès de la politique européenne de sécurité et de défense ». Ils doivent aussi résoudre les problèmes de financement des programmes navals de défense et encourager la recherche « d’une convergence opérationnelle, de la synchronisation des acquisitions et de l’harmonisation budgétaire ; d’une harmonisation des normes et des possibilités de transferts technologiques ; des accords permettant le développement et la réalisation des programmes européens ».
Le rapport analyse également la position actuelle des industries navales des cinq principaux acteurs européens du secteur – la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.