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Pour Jack Straw, Ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni, la PESD est plus efficace, plus cohérente et plus active

Paris, le 7 décembre – Dans un discours prononcé devant l’Assemblée de l’UEO le 7 décembre au nom de Jack Straw, Ministre des affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni, Sir John Holmes, Ambassadeur du Royaume-Uni en France, a affirmé que la présidence britannique de l’UEO/UE avait tenu parole : la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) est devenue « plus efficace, plus cohérente et plus opérationnelle. »

« Ce n’est que dans l’action que les Etats membres pourront prendre confiance dans l’efficacité de la PESD, et en convaincre aussi la communauté internationale », a dit Sir John. Exposant de façon détaillée les développements intervenus depuis juillet dernier, début de la présidence britannique, il a déclaré que la liste des objectifs était ambitieuse, mais que d’excellents progrès avaient été faits. « Nous avons atteint nombre de nos objectifs », a-t-il affirmé.
 
L’UE compte une bonne douzaine de missions de PESD en cours ou sur le point d’être lancées, parmi lesquelles sept ont été préparées ou lancées depuis le début de la présidence britannique. « Nous avons également élargi la portée géographique de la PESD et le type de mission dont elle peut être chargée ». « Nous prouvons désormais, sur le terrain, que l’UE est exceptionnellement bien placée pour apporter son concours dans les situations couvrant le cycle complet des conflits, allant du maintien de la paix à l’assistance à la réforme du secteur de la sécurité, en passant par la surveillance des frontières. »
 
Présentant les différentes missions en cours, Sir John a évoqué les missions de police MPUE et Proxima en Bosnie-Herzégovine et dans l’ancienne République yougoslave de Macédoine ; les missions EUPOL et EUSEC en République démocratique du Congo ; la mission AMIS dans la région du Darfour, au Soudan, et la mission de surveillance à Aceh, en Indonésie, qui constitue pour l’UE une première en Asie. Il a ajouté que la mission intégrée « Etat de droit » pour l’Irak – EUJUST LEX – était entrée dans la phase opérationnelle et qu’une mission d’assistance à la frontière entre Gaza et l’Egypte, au point de passage de Rafah, avait été mise en place le 25 novembre, soit juste un mois après sa constitution. Il était prévu que le Bureau de coordination de l’UE pour le soutien de la police palestinienne – EUPOL COPPS – soit opérationnel le 1er janvier 2006. Une autre mission d’assistance à la frontière entre la Moldova et l’Ukraine, dont le but est d’aider à combattre le trafic d’armes, le crime organisé et la corruption, a été lancée la semaine dernière.
 
Sous la présidence britannique, l’Agence européenne de défense a progressé de façon satisfaisante en ce qui concerne le marché européen des équipements de défense et un Code de conduite volontaire a été approuvé pour les acquisitions de ce secteur, qui bénéficient actuellement d’une dérogation à la législation sur la concurrence de l’UE pour des raisons de sécurité nationale. L’initiative sur les groupements tactiques a elle aussi bien progressé – 19 de ces groupes, associant 26 pays, sont désormais prévus. L’engagement récent de la Grèce, de la Bulgarie, de la Roumanie et de Chypre signifie que l’objectif d’une capacité pleinement opérationnelle, à partir de 2007, avec deux groupements disponibles à très bref préavis en une seule fois, sera atteint. Sir John a souligné également les carences dans le domaine des capacités de gestion de crise civile, alors que l’accord sur le concept de réponses civiles et une stratégie pour le déploiement rapide de forces de police sont synonymes d’amélioration de la capacité de réaction rapide de la PESD civile. « L’UE peut apporter une réelle valeur ajoutée face aux défis sécuritaires du XXIème siècle ; (…) mais pour y parvenir, il est crucial d’assurer la cohérence et la complémentarité entre tous les instruments civils et militaires. »
 
Une étroite coordination est indispensable entre l’UE et les autres organisations internationales telles que l’OTAN et les Nations unies. Elle a bien fonctionné au niveau de l’échange d’informations entre ces trois instances pour garantir la livraison efficace de secours d’urgence au Pakistan après le récent séisme qui l’a frappé. Il faut également instaurer des partenariats forts avec l’Union africaine et les organisations subrégionales pour les aider à construire leurs propres capacités de gestion de crise. De plus, il convient de veiller également à ce que les actions relevant de la PESD soient « cohérentes avec la vaste stratégie de l’UE pour l’Afrique » qui doit être lancée lors du prochain sommet européen les 15 et 16 décembre prochains.
 
Pour Sir John, l’UE a fait la preuve, ces six derniers mois, qu’elle pouvait « réagir rapidement, répondre à des attentes politiques élevées et gérer les risques associés à des environnements sécuritaires plus complexes ». Les missions de Rafah et d’Aceh en particulier montrent d’une part « jusqu’où nous sommes allés en matière de PESD », d’autre part que l’UE est désormais considérée par la communauté internationale au sens large comme « une organisation apte à soutenir les efforts pour renforcer la paix et la sécurité partout dans le monde. »
 
A l’avenir, l’UE doit continuer à développer ses capacités, ce qui « ne signifie pas seulement dépenser plus d’argent, mais le dépenser plus efficacement ». Les pays européens pourraient apporter des améliorations considérables en se concentrant sur le développement de forces armées et de capacités civiles qui soient plus facilement déployables, souples et soutenables. Les travaux portant sur l’Objectif global 2010 se poursuivront en ce qui concerne l’identification des « lacunes capacitaires déjà connues dans les domaines tels que le transport aérien stratégique, le ravitaillement en vol, les dispositions en matière de commandement et de conduite des opérations et les drones ».
 
Evoquant l’Assemblée de l’UEO, Sir John a souligné qu’elle jouait toujours un rôle unique en facilitant le dialogue interparlementaire et les discussions sur les grands thèmes du moment. « L’Assemblée est inclusive », a-t-il dit, « et dépasse les frontières de l’UE, enrichissant véritablement le débat paneuropéen sur la sécurité et la défense. Elle continue d’apporter une précieuse contribution et, par le truchement des parlementaires nationaux, constitue un lien essentiel entre les citoyens et les gouvernements de l’UE pour les questions de sécurité et de défense. »

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