Le Président demande que les structures de la
PESD soient permanentes et plus réactives
Paris, 24 janvier 2006. « Ou l’Europe se contente d’être un espace intégré au marché mondial, ou elle veut être un espace politique, une Europe puissance. » C’est par ces mots qu’a débuté l’intervention de Jean-Pierre Masseret (France, Groupe socialiste), Président de l’Assemblée, lors des 13e rencontres parlementaires que présidaient les députés Jean-Michel Boucheron et François Cornut-Gentille, le 23 janvier 2006 à l’Assemblée nationale à Paris, et dont le thème était : « Sécurité de l’Europe : quelle intégration des politiques de défense ?»
Lors de son intervention, le Président Masseret a demandé en huit points précis d’améliorer l’efficacité des structures existantes de la PESD et de rendre permanentes des structures occasionnelles.
Selon M. Masseret, « cette Europe puissance » qui est nécessaire n’est « ni une Europe hégémonique, ni une Europe impérialiste. Il s’agit tout simplement de permettre à l’espace européen de tenir sa place, de défendre ses intérêts politiques, économiques et démocratiques dans le monde de demain ».
MM. Masseret, Boucheron et Michel Barnier (qui intervenait en tant que « grand témoin ») regrettaient le faible niveau de médiatisation et la méconnaissance des opinions publiques sur les activités de la
PESD. Ils ont insisté sur l’utilité des connexions interparlementaires afin d’améliorer la cohérence et de renforcer le lien avec les citoyens.
Lors de son intervention, le Président a demandé en huit points précis d’améliorer l’efficacité des structures existantes de la
PESD et de rendre permanentes des structures occasionnelles:
1. Il est capital pour les Etats membres de l’Union européenne de s’engager dans un traité de défense mutuelle. Il a rappelé que pour dix pays membres, un tel engagement existe déjà dans le cadre du Traité de Bruxelles modifié en 1954.
2. Si la « Stratégie européenne de sécurité » donne des objectifs politiques, elle est insuffisante, car elle n’aborde pas les moyens militaires nécessaires à l’Europe.
3. En ce qui concerne la prise de décision dans la
PESD, il a encouragé le développement du vote à la majorité qualifiée pour éviter les blocages.
4. Dans le domaine civilo-militaire, il souhaite le développement de la Cellule civilo-militaire au sein de l’Etat-major de l’
UE et la mise en place d’un véritable centre d’opérations permanent.
5. Le délai de réactivité de 10 jours pour le déploiement de forces visé dans l’Objectif global 2010 nécessite une structure de commandement et un Etat-major d’opérations permanents, prêts à agir à tout moment.
6. En ce qui concerne le renseignement, le partage de certaines informations a été plutôt décevant. Le Président a d’ailleurs proposé que l’
UE s’appuie sur des capacités spatiales et notamment sur l’utilisation du Centre satellitaire de Torrejón.
7. Il faut faire progresser la mise en œuvre des groupements tactiques afin d’augmenter la réactivité potentielle des interventions.
8. Dans une approche globale d’amélioration de la déployabilité, il propose la mise en place d’une cellule permanente de coordination des deploiements de l’
UE dans le cadre de l’Etat-major de l’
UE.