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L’extension vers le sud mettra de nombreux alliés à rude épreuve en Afghanistan, indique le Secrétaire général de l’OTAN aux parlementaires de l’UEO
 
Rapport de l’Assemblée sur le Sommet de Riga à la session de décembre
Les membres des commissions de l’Assemblée ont rencontré le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer au siège de l’OTAN, le 24 mars 2006, pour débattre des opérations de l’OTAN, des relations OTAN-UE, de la transformation de l’OTAN et d’autres questions de sécurité actuelles tels que la lutte contre le terrorisme, les budgets de défense et les capacités militaires des Etats membres. Cette rencontre, qui entrait dans le cadre du dialogue régulier de l’Assemblée avec les responsables euro-atlantiques, a été suivie de deux exposés : l’un sur la stratégie de l’OTAN en matière de diplomatie publique (présenté par le Secrétaire général adjoint Jean Fournet) et l’autre sur le Traité FCE adapté (présenté par Michael Miggins, Chef de la Section Maîtrise des armements et coordination de la vérification).

Le Secrétaire général de l’OTAN a fait un tour d’horizon des opérations en cours de l’OTAN. A propos des relations UE-OTAN, il a indiqué « qu’il fallait être trois pour un tango » et qu’Ankara, Nicosie et l’UE devaient parvenir à un accord. En attendant, l’OTAN et l’UE chercheront à établir des pourparlers de manière informelle. La prochaine réunion informelle de ce type sera un dîner entre les ministres des affaires étrangères des deux organisations à Sofia (les 27-28 avril 2006). S’agissant du coût des opérations militaires, le Secrétaire général de Hoop Scheffer a suggéré « plus de fonds communs et plus de capacités communes » et aussi une « une plus large mise en commun » des capacités de transport aérien sur le modèle des AWACS. Il a exhorté les parlementaires à contribuer à faire comprendre la nécessité d’investir dans le domaine de la sécurité. Il a défini l’OTAN comme « une organisation politico-militaire » et plaidé pour un changement d’attitude : « lorsque nous nous penchons sur une question, nous devons éviter de penser qu’une action doit nécessairement suivre ». En ce qui concerne l’évolution du concept stratégique, il estime qu’il ne sera pas facile de parvenir à un consensus mais que les Etats membres étudient « des directives politiques générales » qui devraient indiquer la voie à suivre.

Quelques heures plus tôt, le Secrétaire général de l’OTAN avait reçu le Président de l’Assemblée de l’UEO Jean-Pierre Masseret (France, Groupe socialiste). Le Président a fait savoir que l’Assemblée examinerait un rapport sur l’évolution de l’OTAN à sa session de décembre (4-6 décembre 2006 à Paris), dans le sillage du Sommet de Riga (28-29 novembre 2006). Il a invité le Secrétaire général à prendre la parole à la session plénière. Le Président a également exprimé son inquiétude face aux problèmes récents qui ont entravé le dialogue institutionnel entre l’OTAN et l’UE, affirmant que les électeurs ne veulent pas que les deux organisations, dont près des trois quarts des membres sont représentés par les mêmes gouvernements, se limitent à quelques dossiers et éliminent certains des problèmes de sécurité les plus brûlants. Le Président s’est également entretenu de l’avenir des Balkans avec le Secrétaire général. M. de Hoop Scheffer s’est dit convaincu que la stabilité dans les Balkans dépend de la poursuite d’une politique d’intégration euro-atlantique. Le Président Masseret a fait remarquer que si l’intégration économique n’est pas vraiment une question controversée, ce qui manque toujours en revanche, c’est une Europe politique. Il est nécessaire de définir la place que l’on veut donner à l’Europe dans le monde.

Au cours de la séance des questions et réponses qui faisait partie de la rencontre avec le Secrétaire général, le président de la Commission de défense de l’Assemblée, Robert Walter (Royaume-Uni, Groupe fédéré), qui venait de visiter le QG des forces européennes de l’OTAN à Kaboul, a demandé s’il était prévu de remplacer le commandement de la FIAS, qui alterne actuellement tous les six mois, par un état-major permanent. Il a également souhaité savoir quelles ressources les Etats membres de l’OTAN fournissent en ce moment au gouvernement afghan pour l’aider à combattre la production et le trafic de drogue et comment l’OTAN s’y prend pour remédier à la « porosité » de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan. Il a proposé que le Pakistan établisse un partenariat plus étroit avec la FIAS. Le rapporteur de l’Assemblée sur l’Afghanistan, Jean-Pierre Kucheida (France, Groupe socialiste), qui s’était rendu lui aussi à Kaboul, a déclaré que la reconstruction du pays serait une tâche ardue et de longue haleine. Les forces de la FIAS sont la cible d’un regain de violence et la formation de l’armée afghane ne progresse que lentement. Il a l’impression que les forces de l’OTAN sont en Afghanistan pour au moins dix ans, ce qui veut dire que des ressources vitales vont être engagées sur place et ne pourront être employées pour d’autres opérations.

M. de Hoop Scheffer a déclaré que l’OTAN ne pouvait résoudre tous les problèmes de l’Afghanistan. Un effort concerté de l’ensemble de la communauté internationale s’impose. Il faudra peut-être 15 ans avant que l’Afghanistan dispose d’une économie stable. La situation en matière de sécurité est particulièrement difficile dans le sud, où les forces de la FIAS sont exposées à la menace d’attaques à la bombe improvisées au bord des routes. Il pense que de nombreux alliés auront les plus grandes difficultés à maintenir leur présence en Afghanistan. Il a confirmé l’existence d’un projet de restructuration de la FIAS visant à créer un commandement composite après l’extension de la mission au sud. Il estime que les ressources financières nécessaires ont été engagées pour faire face au problème de la drogue dans le cadre du partenariat « Afghanistan Compact » adopté le 31 janvier dernier à Londres. Toutefois, le rôle de l’OTAN n’est pas de lutter contre le trafic de drogue mais d’assurer la sécurité et la stabilité. Ce qui n’exclut pas le partage des renseignements. Les relations de l’OTAN avec le Pakistan restent compliquées bien que l’Alliance ait gagné en crédibilité depuis ses récentes opérations humanitaires.

D’autres questions ont été évoquées : le rôle de l’OTAN dans la définition des objectifs communs et l’adoption, dans la mesure du possible, d’une approche globale – par exemple pour lutter contre le terrorisme – et la proposition de tenir des réunions entre les ministères de l’intérieur des pays de l’OTAN (Ignacio Cosido (Espagne, Groupe fédéré)) ; l’opportunité d’envisager une action plus musclée contre la production de stupéfiants (Joao Mendes Bota (Portugal, Groupe fédéré)) ; la coopération en matière d’armements entre l’Algérie et la Russie et le dialogue OTAN-Méditerranée (Elsa Papadimitriou (Grèce, Groupe fédéré)) ; les relations entre l’OTAN et l’Ukraine (Smago Jelincic (Slovénie)) et la situation en Moldova (Florina Ruxandra Jipa (Roumanie)).

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