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Mme Dora Bakoyianni, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, Se prononce pour l’adhésion de la Turquie à l’UE
Paris, le 20 juin 2006 – Mme Dora Bakoyianni, Ministre des affaires étrangères de la Grèce, a déclaré ce mardi que la Turquie devait être admise au sein de l’UE une fois qu’elle aurait satisfait à toutes les conditions requises.

« La Grèce soutient les efforts déployés par la Turquie en vue de son adhésion pleine et entière à l’UE. (…) Ce n’est pas un stratagème. Ce n’est pas une manoeuvre tactique. C’est une stratégie délibérée », a-t-elle dit à l’Assemblée. Elle pense que la Turquie a progressé sur le plan des réformes, mais qu’il lui faut encore consolider son système démocratique et veiller au « respect des droits des minorités, et de la liberté de religion et d’expression ». « Permettez-moi d’être claire », a-t-elle poursuivi. « Dès lors que la Turquie aura procédé aux réformes nécessaires, on ne doit pas lui refuser l’entrée dans l’Union européenne en tant que membre à part entière ».

La Grèce a soutenu la demande d’adhésion à l’UE formulée par la Serbie. N’oublions jamais que la Serbie est un « pays central », que l’on ne peut humilier. Il ne saurait y avoir de véritable stabilité dans les Balkans si la Serbie n’en fait pas partie. Mais en l’absence de réforme institutionnelle de l’UE, et à la suite du rejet du Traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas l’an passé, il ne saurait y avoir d’autre élargissement sur la base du Traité (de Nice) en vigueur – ce n’est tout simplement pas possible.

A propos de Chypre, elle a exhorté les politiciens à oublier les « réactions stéréotypées » et les mots tabous pour s’efforcer de réunifier l’île divisée. La solution devra prendre la forme d’une proposition des Nations unies qui soit acceptable pour les communautés grecque et turque.

Elle a souligné dans son discours que l’un des plus grands défis à relever par l’Europe était de réussir à « parler d’une seule voix » et que l’initiative prise par l’UE de présenter de nouvelles propositions à l’Iran concernant son programme d’enrichissement d’uranium « avait été positive, productive et constructive [car elle avait amené] toutes les parties intéressées autour de la table ».

Mme Bakoyianni a évoqué, lors du débat, le rapport intitulé « La sécurité et la stabilité dans la région méditerranéenne », préparé par Mme Elsa Papadimitriou (Grèce, Groupe fédéré) au nom de la Commission politique de l’Assemblée de l’UEO. Le rapport, adopté à l’unanimité, demande à l’UE de « se concentrer pour l’instant sur une politique de petits pas progressifs et de coopération sécuritaire pragmatique, qui peut apporter de meilleurs résultats ». L’UE doit exercer le contrôle parlementaire du secteur de la défense et de la sécurité dans les pays du Sud de la Méditerranée et « coordonner, voire conjuguer » ses activités de coopération dans la région avec celles de l’OTAN afin de prévenir la redondance.

Présentant le rapport, Mme Papadimitriou a indiqué que l’UE n’avait pas beaucoup progressé pour atteindre « son but premier qui est de construire un espace commun de paix et de prospérité dans la région méditerranéenne. Les problèmes s’accumulent à vitesse accélérée, et l’UE doit agir rapidement et efficacement si elle veut réussir ».
Il est dit également dans le rapport qu’en dépit des investissements communautaires de trois milliards d’euros par an au titre de la Déclaration de Barcelone de 1995, qui a créé le partenariat euroméditerranéen (PEM), l’écart des revenus entre les rives nord et sud continue de s’élargir.

Un des grands problèmes du Sud demeure « l’absence de transparence dans la gouvernance et d’engagement populaire actif dans les structures politiques ». Si l’UE veut réellement progresser, elle doit dépasser la zone géographique couverte du processus de Barcelone et tenir compte du Grand Moyen-Orient et du Caucase du Sud, et coordonner ses initiatives avec celles des Etats-Unis dans la région. Les démarches entreprises en matière d’immigration doivent prendre en considération les aspects sociaux et sécuritaires.

En ce qui concerne le Moyen-Orient, le rapport a invité à rechercher « une solution structurelle durable pour transférer l’aide aux Palestiniens en tenant compte du fait qu’il n’est pas possible d’ignorer un des rares gouvernements arabes élus démocratiquement dans la région ». Mme Papadimitriou a mis en garde contre une politique d’isolement du gouvernement du Hamas en retirant l’aide aux Palestiniens, qui entraînerait sans nul doute une dépression économique sévère et serait susceptible de « radicaliser davantage la population palestinienne, contribuerait à pousser le Hamas dans les bras de gouvernements islamistes radicaux dans la région et envenimerait encore plus les relations israélo-palestiniennes ».

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