L’Assemblée de l’UEO met en garde contre le risque d’une course aux armements dans l’espace
Paris, le 21 juin 2006 – L’Assemblée de l’UEO a demandé à l’Union européenne (UE) de créer un réseau européen de surveillance spatiale « capable de fournir des informations constantes, en temps quasi réel, sur la position de tous les satellites, européens ou non », par crainte d’une course aux armements dans l’espace.
Selon le rapport intitulé « Le déploiement d’armements dans l’espace », présenté par M. Alan Meale (Royaume-Uni, Groupe socialiste) au nom de la Commission technique et aérospatiale, ce système de surveillance devrait être complémentaire de son homologue américain et la Russie et la Chine devraient être invitées à y participer d’emblée. L’Assemblée demande en outre à l’UE d’augmenter sa capacité à remplacer rapidement les satellites vitaux, de leur donner une autonomie de fonctionnement sur de courtes périodes et de leur permettre d’effectuer eux-mêmes des réparations limitées en orbite, de mieux coder leurs communications, de protéger leurs sous-systèmes vitaux et d’accroître considérablement leurs caractéristiques de furtivité.
Présentant le rapport, qui a été adopté à l’unanimité, M. Meale a déclaré que son but était de mieux faire comprendre aux parlementaires « ce qu’est l’arsenalisation de l’espace, et quelles pourraient en être les conséquences ». Si l’on ne lance pas le débat maintenant, « il est peu probable que nos gouvernements prennent des mesures suffisantes pour définir les critères communs rationnels qui sont nécessaires pour nous protéger et nous défendre les uns et les autres (…), ainsi que nos alliés et amis de par le monde ».
Notant que les forces armées d’aujourd’hui « sont devenues si dépendantes des systèmes spatiaux qu’il n’est pas concevable qu’elles puissent se passer d’eux », il a souligné l’extrême vulnérabilité à une attaque de ces systèmes, qui peuvent facilement être neutralisés ou détruits, et dont la construction, le lancement, l’exploitation et bien sûr l’entretien sont très onéreux. De surcroît, on ne peut écarter le risque d’explosions dans l’espace, ni que l’espace intra- et extra-atmosphérique ne devienne le terrain d’« une course technologique aux armements d’un type nouveau et très différent », a-t-il dit.
Ce qui a motivé la rédaction du rapport, a expliqué M. Meale, c’est le choc provoqué par l’annonce que l’administration des Etats-Unis « aurait décidé d’investir 25 milliards de dollars – dans un premier temps aux seules fins de la recherche – pour faire de la protection de sa supériorité militaire dans l’espace et par l’espace un axe essentiel de sa future politique de défense. Cette initiative sera perçue essentiellement comme une tentative des Etats-Unis pour « s’assurer et conserver une supériorité terrestre totale – ce qui est susceptible aussi de provoquer une riposte internationale immédiate, voire – ce qui est encore plus inquiétant –une course aux armements dans l’espace ».
La différence entre les développements militaires dans l’espace il y a 50 ans et ceux d’aujourd’hui est qu’avant cette annonce, « les opinions politiques et militaires les plus récentes ne dépassaient pas le stade des études de chercheurs anonymes – les ingénieurs, responsables de la planification et architectes des systèmes dans le domaine militaire étant manifestement conscients des réflexions politiques internationales développées sur les dangers inhérents au déploiement d’armements dans l’espace intra ou extra-atmosphérique ».
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