Imprimer
Presse & Multimédias
| 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |

Paix au Moyen-Orient
L’Assemblée préconise un processus global incluant la Syrie et l’Iran
Paris, le 19 décembre 2006 – L’Assemblée de l’UEO a recommandé ce mardi à l’UE de relancer l’initiative du Quartet (UE, ONU, Etats-Unis, Russie) pour le règlement du conflit israélo-palestinien dans la perspective d’un processus global, incluant l’Iran et la Syrie, et permettant de parvenir à une paix durable au Moyen-Orient.

Evoquant « un moment historiquement privilégié », la recommandation insiste sur la nécessité « d’accompagner le cessez-le-feu et de repréciser les points immuables d’un règlement durable sur la base d’une reconnaissance de l’Etat d’Israël et de l’Etat palestinien, des accords d’Oslo de 1993 et de l’arrêt des violences ». Elle invite à « établir le dialogue avec les pays arabes et les puissances régionales concernées, y compris la Syrie et l’Iran, pour engager un processus global qui puisse aboutir à une paix équilibrée et durable ».

L’Assemblée recommande en outre que l’Europe engage un dialogue renforcé avec les pays de la région qui « ne souhaitent pas voir progresser l’islamisme radical » et « veulent faire des réformes pour faire avancer la démocratie ». Elle appelle enfin l’UE à demander « la libération immédiate » des ministres et parlementaires palestiniens emprisonnés depuis juillet 2006, ainsi que celle de « nombreux détenus palestiniens », de Gilad Shalit et des soldats israéliens arrêtés en même temps.
      
Un débat a précédé l’adoption de cette recommandation avec les interventions d’orateurs invités, MM. Lorenzo Forcieri, Sous-Secrétaire d’Etat italien à la défense, David Kornbluth, Ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, Göran Lindblad, rapporteur au Conseil de l’Europe sur le Moyen-Orient et Frédéric Pons, rédacteur en chef de l’hebdomadaire français Valeurs Actuelles.

Ouvrant ce débat, Mme Josette Durrieu (France, Groupe socialiste), rapporteur de la recommandation après avoir mené une mission parlementaire de l’UEO au Moyen-Orient, a estimé que « le conflit israélo-palestinien n’est plus interne, local ou régional. Il est au cœur d’un problème global et la clé de la paix dans la globalité ». L’Europe « doit oser dire que rien ne sera résolu en dehors de la tenue d’une conférence internationale dans la perspective d’un accord global et de l’implantation d’une force internationale d’interposition » sur le modèle de la FINUL au Liban, a-t-elle affirmé en regrettant que les « divergences » des pays européens empêchent pour l'instant l'Union européenne de dégager « une position claire, cohérente, unanime » et d’occuper la place centrale qui devrait lui revenir au sein du Quartet.

Soulignant la nécessité pour l’Europe de parler d’une seule voix, Lorenzo Forcieri, Sous-Secrétaire d’Etat italien à la défense, a précisé que la manière dont la crise avait été gérée représentait « un succès et un modèle pour l’avenir ». Pour la première fois, Israël a en effet accepté que sa sécurité soit confiée à une force représentant la communauté internationale, ce qui constitue « un grand pas en avant ». L’Italie et la France ont joué un rôle décisif en vue de débloquer la situation et faire en sorte que la Résolution 1701 des Nations unies ne reste pas lettre morte. Cependant, la situation politique reste précaire et le risque existe que des manifestations antigouvernementales provoquent un embrasement. Exprimant le soutien du gouvernement italien au gouvernement libanais, il a exhorté l’Union européenne à « faire preuve d’unité et à adopter une position unique en faveur d’une solution de paix pour un Liban indépendant et stable ».
M. Forcieri a appelé au dialogue avec tous les pays du Moyen-Orient, y compris la Syrie. Il ne fait aucun doute que la solution doit être considérée dans un contexte régional, a-t-il affirmé. « Si nous nous limitons au Liban, il sera très difficile de parvenir à un règlement. » Reconnaissant l’existence de divergences au sein de l’UE et entre celle-ci et les Etats-Unis, il a déclaré que les événements tragiques de ces derniers jours ont montré que seule une approche régionale peut apporter une solution aux problèmes libanais et israélo-palestiniens. Désormais, la priorité doit être de s’attaquer dès le départ à la question des territoires et aux autres difficultés, au lieu de laisser la situation se dégrader.

L’Europe « peut et doit jouer un rôle très important dans la quête de la paix au Moyen-Orient, en arrêtant une position commune face aux situations nouvelles et en manifestant sa présence », a-t-il dit. L’Europe doit faire équipe avec les Etats-Unis, qui « ont compris qu’ils ne pouvaient gérer seuls les crises ».

Göran Lindblad, rapporteur du Conseil de l’Europe, a rappelé que le seul règlement possible de la crise au Moyen-Orient est la reconnaissance d’Israël, la non-violence et l’existence d’un Etat palestinien séparé. Il a souligné le point de vue du Conseil, pour qui un dialogue doit être engagé avec tous les pays de la région, y compris l’Irak et la Syrie.

A propos du Liban, M. Lindblad a précisé qu’il avait conduit une mission dans ce pays trois semaines plus tôt, et ajouté qu’il avait trouvé les Iraniens « très désireux de procéder à des échanges et de nouer le dialogue ». Il a souligné que l’isolement n’est jamais une solution, exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à mettre un terme à ses querelles intestines, ajoutant que si celui-ci s’entendait sur des sanctions modérées contre l’Iran, il enverrait « le signal qui convient ». Les dirigeants iraniens ont déclaré à la mission, en ce qui concerne la question nucléaire, qu’une fatwa a été prononcée contre les armes de destruction massive (ADM), dont le pays n’a pas besoin car il a « une très grande influence spirituelle ». M. Lindblad ne croit pas que l’Iran ne développera pas d’ADM et juge la déclaration sur l’influence spirituelle particulièrement préoccupante. « Nous devons poursuivre les travaux parlementaires et essayer de nous impliquer davantage dans la question iranienne ». Si l’influence de la démocratie se fait plus grande, elle contribuera à la chute du régime – mieux vaut leur donner le baiser de la mort que les combattre les armes à la main. »

David Kornbluth, Ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, a déclaré que le processus de paix au Moyen-Orient a perdu beaucoup de sa force en raison d’un changement dans le monde islamique. Le fondamentalisme, qui progresse, se dirige vers un « affrontement inévitable » avec les valeurs des nombreux modérés qui vivent en Europe et au Moyen-Orient.

L’Europe est « mise à l’épreuve » en ce qui concerne tant Israël que la Palestine, mais les relations entre Israël et les institutions européennes sont beaucoup plus fortes qu’elles ne l’étaient il y a trois à cinq ans, et l’Europe joue un rôle utile en combattant l’insécurité et en procurant des capitaux à la Palestine. Chacun se prépare à l’idée que le rôle de l’Europe pourrait être élargi. Il ajoute que si la FINUL « ne fonctionne peut-être pas comme il le faudrait, elle n’en est pas moins active ». La seule solution possible est que la Palestine et les autres pays du Moyen-Orient reconnaissent Israël, que tous les protagonistes renoncent à la violence et qu’un Etat palestinien indépendant soit créé. On se dirige de toute évidence vers un système à deux Etats. Si les accords d’Oslo sont revitalisés, « une solution pourrait être trouvée très rapidement ». L’Europe ne doit pas abandonner Israël ni les modérés du monde arabe, et elle doit faire preuve de fermeté face à l’Iran, Etat paria antisémite doté de l’arme nucléaire », a-t-il ajouté. L’Europe « doit s’en tenir à ses valeurs ».

www.assemblee-ueo.eu
AESD - Service Presse et Information - 43, avenue du Président Wilson – 75775 Paris Cedex 16 – France
Tél. 00.33.1.53.67.22.00 – Fax 0033.1.53.67.22.01 - email : press@assembly.weu.int
(Si souhaitez modifier vos coordonnées dans nos listes d’envoi, veuillez appeler le 0033.1.53.67.24.79)