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Conférence de Berlin
sur la Politique européenne de sécurité et de défense - (6 et 7 février)
PESD : la vraie « question de confiance » entre Européens est posée
 
Paris, le 13 février 2007 - A l´occasion de la présidence allemande de l´UE/UEO et à l´invitation du Président du Bundestag, M. Norbert Lammert, l´Assemblée a organisé à Berlin, dans l´hémicycle du Reichstag, les mardi 6 et mercredi 7 février 2007, une conférence sur « Les orientations futures de la politique européenne de sécurité et de défense ». L´objectif visé par cette conférence, qui a rassemblé plus de 400 participants, était de proposer des initiatives concrètes pour faire avancer l´Europe de la sécurité et de la défense. Pendant la conférence, d´importants responsables sont intervenus pour exposer leurs idées sur les initiatives, à la fois politiques et capacitaires, nécessaires en vue de faire progresser la PESD.

Le Sénateur Jean-Pierre Masseret (France, Groupe socialiste), Président de l´Assemblée, condamne la règle de l´unanimité qui nous conduit « au plus petit dénominateur commun ». Il estime que la vraie « question de confiance » entre Européens est posée en matière de sécurité et de défense : « Accepte-t-on le partage des tâches et la dépendance mutuelle entre pays européens ? » Il rappelle qu´un autre débat essentiel n´a pas encore été tranché : « doit-on avancer à 27 ou à un nombre plus restreint de pays » par le biais d´une coopération structurée/renforcée ?

M. Charles Goerens (Luxembourg, Groupe libéral), Rapporteur de la première séance sur les développements politiques de la PESD et ancien Président de l´Assemblée, a constaté que « les opinions publiques sont en avance sur les acteurs politiques en matière de PESD ». Mme Claude-France Arnould (Directeur pour les questions de défense au Conseil de l´UE) a mis l´accent sur la nécessaire coordination entre les différents piliers de l´UE. A l´avenir, l´objectif n´est pas forcément le lancement d´une « grosse opération militaire de l´UE » mais pourrait être tout autant un « rôle d´appui aux Nations unies et à des organisations régionales ». Elle estime qu´il faut un étroit dialogue avec les Parlements qui doivent connaître « au plus tôt » les paramètres d´une opération prévue. Par ailleurs, il semble exister un « différentiel de satisfaction » entre l´OTAN et l´UE sur l´état de leurs relations. L´UE met en avant la bonne coopération UE/OTAN en Bosnie-Herzégovine ou au Darfour et continue résolument à développer ses outils civilo-militaires de gestion des crises, tandis que l´OTAN est focalisée sur le grand défi posé à elle par l´Afghanistan et se situe en pleine phase de « restructuration mentale ». Pour sa part, M. Zoltan Nagy (Chef de la Section Affaires OTAN multilatérales et régionales) a qualifié les relations actuelles OTAN/UE de « coopération pacifique » et non de « mariage heureux ». Il a souligné l´importance d´assurer une concertation étroite des deux organisations sur la question du Kosovo. M. Otfried Nassauer (Centre d´information sur la sécurité transatlantique, Berlin) estime qu´une PESD plus performante exige une  autonomie de décision, ce qui implique qu´on aille au-delà des Accords « Berlin plus » [donnant à l´UE la possibilité d´avoir recours aux moyens et capacités de l´OTAN]. Par ailleurs, il se demande si l´UE a suffisamment stabilisé la Bosnie-Herzégovine pour y réduire prochainement sa présence. M. John C. Hulsman (Chercheur américain, Association allemande pour les affaires étrangères (DGAP)) assure les Européens que la politique américaine peut être « infléchie » par eux, s´ils se montrent plus « présents et actifs » et « agissent ensemble ».

 
M. Reinhard Silberberg (Secrétaire d´Etat aux affaires européennes, représentant la présidence allemande de l´UE/UEO) souligne que « sans sécurité, aucun développement n´est possible », mais que « sans développement, il ne peut y avoir de sécurité ». Il évoque les succès de la PESD et le lancement, en principe prévu en 2007, d´une vaste opération civile de l´UE au Kosovo et d´une opération de police en Afghanistan. En ce qui concerne le projet de Traité établissant une Constitution pour l´Europe, il a rappelé que la PESD n´avait pas été la cause du rejet du Traité en France et aux Pays-Bas.

Au cours du débat, M. Robert Walter (Royaume-Uni, Groupe Fédéré), Président de la Commission de défense, s´est notamment interrogé sur la validité même du concept de « politique commune en matière de sécurité et de défense », si les Etats membres ont la faculté d´imposer des « restrictions nationales » à l´utilisation de leurs troupes [les fameux « caveats »], qui participent à des opérations internationales.

Pour M. Goerens, la question centrale est de savoir si l´UE « doit ressembler à un Etat et se comporter comme un Etat ». « L´ingénierie européenne » a permis de transcender ce débat pendant des décennies et « d´avancer pas à pas », sous la pression des événements extérieurs


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