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Conférence de Berlin sur la Politique européenne de sécurité et de défense (6 et 7 février)
Pour répondre aux situations d´urgence, l´UE doit être capable de décider et d´agir vite
Paris, le 12 février 2007 - A l´occasion de la présidence allemande de l´UE/UEO et à l´invitation du Président du Bundestag, M. Norbert Lammert, l´Assemblée a organisé à Berlin, dans l´hémicycle du Reichstag, les mardi 6 et mercredi 7 février 2007, une conférence sur « Les orientations futures de la politique européenne de sécurité et de défense ». L´objectif visé par cette conférence, qui a rassemblé plus de 400 participants, était de proposer des initiatives concrètes pour faire avancer l´Europe de la sécurité et de la défense. Pendant la conférence, d´importants responsables sont intervenus pour exposer leurs idées sur les initiatives, à la fois politiques et capacitaires, nécessaires en vue de faire progresser la PESD.

 
Au cours de la deuxième séance sur les « développements opérationnels » de la PESD, le Général Henri Bentégeat (Président du Comité militaire de l´UE) a insisté sur l´indispensable rapidité de décision en matière de gestion de crises et sur la nécessaire planification en amont des opérations de l´UE, tant militaires que civiles. Deux groupements tactiques sont pleinement opérationnels. Il faut maintenant les compléter par une capacité d´intervention rapide dans le domaine aérien et maritime, puis par une capacité de commandement interarmées. Mais « nos faiblesses sont connues, notamment dans le domaine du transport stratégique et celui de la logistique. Pour que nos groupements tactiques répondent pleinement à leur vocation, qui est d´être la pierre angulaire de la réponse rapide européenne aux situations d´urgence, il faut que les conditions de leur déploiement soient clarifiés », a précisé le Général Bentégeat. En outre, il a évoqué la création d´une chaîne civile de commandement au sein de l´UE, avec un commandant et un quartier général des opérations civiles à Bruxelles.



Le Général Johann-Georg Dora (Chef état-major adjoint de la Bundeswehr) estime qu´il faut apporter des réponses à des questions difficiles, notamment celle du mode de prise de décision en cas d´urgence, celle du renforcement des structures actuelles de commandement de l´UE en cas de d´opérations plus robustes et celle de la coordination des aspects militaires et non militaires des futures opérations de l´UE.

Pour le Général Christian Damay (Commandant de la force EUFOR RD Congo), l´opération EUFOR RD Congo a été un « succès » et un « laboratoire d´expérimentation formidable pour la PESD ». Il estime toutefois que les leçons de l´opération Artémis n´ont pas été exploitées et espère que les enseignements tirés d´EUFOR RD Congo seront cette fois pris en compte pour les prochaines opérations de l´UE (chaîne de commandement lourde et complexe, moyens insuffisants en matière de renseignement malgré l´unité belge de drones « Hunter », disparité des conditions d´emploi des aéronefs C-130 et C160 de la flotte de transport tactique, délais pénalisants d´acheminement des unités d´intervention stationnées au Gabon, nécessité d´intégrer les phases de déploiement et de redéploiement de la force dans la durée du mandat). En ce qui concerne la chaîne de commandement, le Général Damay s´est demandé si « carrément », Bruxelles ne devrait pas « se doter d´un quartier général permanent en prise directe avec le (ou les) commandement(s) de Force sur le terrain ».

Le Général Giorgio Spagnol (Directeur des opérations UE, SHAPE) a décrit les arrangements « Berlin plus » [donnant à l´UE la possibilité d´avoir recours aux moyens et capacités de l´OTAN] et les leçons à tirer de la mission Althea en Bosnie-Herzégovine. Vingt-quatre pays de l´UE et 10 pays non membres de l´UE participent à l´opération Althea, qui est la deuxième opération conduite en vertu des Accords de « Berlin plus ». Le général Spagnol a notamment insisté sur le besoin d´une phase de planification précoce avant le début d´une opération. Il a également constaté que les Accords « Berlin plus » n´offraient pas la possibilité de combiner les outils civils et militaires.

Le Colonel Gordon B. Davis, Jr (Commandant adjoint/Chef d´état major de la United States Southern European Task Force (aéroportée)) a souligné l´importance de la formation des troupes stationnées en Europe pour permettre la transition d´un soutien de « défense statique », au cours de la Guerre froide, vers des capacités de « déploiement rapide » en coopération avec des partenaires en coalition.

M. Robert Walter (Royaume-Uni, Groupe Fédéré), Président de la Commission de défense et rapporteur de la séance, a souligné que « la PESD n´est rien, si elle n´est pas dotée de capacités opérationnelles », ce qui nécessite un effort considérable.

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