Conférence de Berlin sur la Politique européenne de sécurité et de défense (6 et 7 février)
Quatrième séance : « PESD : le rôle des parlementaires » :
Soutenir et orienter l´action des gouvernements européens en matière de PESD
Paris, le 15 février 2007 - A l´occasion de la présidence allemande de l´UE/UEO et à l´invitation du Président du Bundestag, M. Norbert Lammert, l´Assemblée a organisé à Berlin, dans l´hémicycle du Reichstag, les mardi 6 et mercredi 7 février 2007, une grande conférence sur « Les orientations futures de la politique européenne de sécurité et de défense ». L´objectif visé par cette conférence, qui a rassemblé plus de 400 participants, était de proposer des initiatives concrètes pour faire avancer l´Europe de la sécurité et de la défense. Pendant la conférence, une vingtaine d´importants responsables sont intervenus pour exposer leurs idées sur les initiatives, à la fois politiques et capacitaires, nécessaires en vue de faire progresser la PESD. Au cours de la dernière séance sur « le rôle des parlementaires », les Présidents des trois groupes politiques de l´Assemblée ont exprimé les vues de leurs groupes sur les moyens de renforcer le contrôle parlementaire de la PESD, à l´issue des séminaires de chacun des groupes politiques organisés en amont de la conférence, les 4 et 5 février.
M. Robert Walter, MP (Royaume-Uni, Président du Groupe fédéré) s´interroge : est-il logique que chacune des 27 commissions parlementaires de défense soit informée séparément d´une action « commune » de l´UE ? L´Assemblée est le forum interparlementaire de prédilection pour ce type de contrôle collectif. Dans l´attente de la renégociation du Traité sur l´UE, il faut nous appuyer sur les bases juridiques en vigueur, notamment sur le Traité de Bruxelles modifié qui pourrait être soit rouvert pour signature aux 17 pays de l´UE qui n´en sont pas encore signataires, soit annexé au Traité sur l´UE sous forme de Protocole. M. Theodoros Pangalos (Grèce, Président du Groupe socialiste) rappelle que, dans tous les pays européens sans exception, l´opinion publique soutient un rôle plus actif de l´UE en matière de sécurité. L´Assemblée a donc un avenir. L´Europe doit assurer la sécurité et la défense de ses citoyens et faire respecter ses valeurs et ses intérêts dans le monde. Pour éviter des duplications inefficaces et coûteuses, il est essentiel de travailler ensemble. Aucune guerre annoncée ne se profile à l´horizon en Europe. Mais l´ennemi peut attaquer sans s´annoncer. Il faut prévoir et agir avant lui. Ceci implique du renseignement et des capacités technologiques. Le message de Berlin, qui prône cette nécessaire « crédibilité capacitaire et technologique », est le fruit d´un utile compromis. Lord Russell-Johnston, MP (Royaume-Uni) souligne, au nom du Groupe libéral, que la sécurité est une « nécessité absolue » pour l´Europe. L´Assemblée, en tant qu´instance consultative, a un rôle important à jouer pour soutenir et orienter l´action des gouvernements européens en matière de politique européenne de sécurité et de défense.
M. Wolfgang Wagner (Directeur de recherche à l´Institut de recherches pour la paix de Francfort (Hessische Stiftung Friedens- und Konfliktforschung)) met en avant le rôle indispensable des parlements pour assurer la légitimité démocratique des politiques de sécurité. L´intégration des structures militaires est un défi pour le contrôle démocratique, rendu dès lors plus difficile au niveau purement national. Pour assurer le contrôle de la PESD, la solution réside, selon lui, dans une coopération étroite entre le Parlement européen (PE) et des assemblées parlementaires « transnationales » comme celle de l´UEO. Il estime que, dans un avenir prévisible, le Parlement européen ne pourra pas à lui seul apporter une compensation satisfaisante au déficit de contrôle parlementaire au niveau national. Tant que la PESD restera intergouvernementale, l´Assemblée de l´UEO disposera d´atouts uniques pour assurer ce contrôle, notamment son ouverture à d´importants pays européens qui ne sont pas membres de l´UE mais qui fournissent des troupes pour les opérations de l´UE et qui participent aux travaux de l´Assemblée grâce aux différents statuts d´affiliés dont ils bénéficient en son sein. Il lui faudrait cependant accroître ses relations avec les décideurs gouvernementaux. Le contrôle parlementaire de la PESD serait renforcé si le PE et l´Assemblée coopéraient étroitement.
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Le Sénateur Hubert Haenel (Président de la délégation pour l´UE, Sénat français) a soutenu l´idée d´un contrôle accru de la PESD par les parlementaires nationaux. Le PE impose de plus en plus un contrôle politique dont il ne dispose pas juridiquement, tandis que les parlements nationaux, compétents en matière de contrôle, restent à l´écart. Or, on est loin d´une « communautarisation » des questions de sécurité et de défense et la légitimité d´une action militaire européenne relève des gouvernants européens, mais adossés à leurs parlements nationaux. Les travaux de l´Assemblée sont de grande qualité. Pour le moment, elle est irremplaçable. Des conférences interparlementaires ponctuelles sur la PESD seraient manifestement insuffisantes pour assurer un véritable contrôle parlementaire de la PESD. M. Haenel préconise un rapprochement de l´Assemblée et de la COSAC, « qui a le mérite, depuis le Traité d´Amsterdam, d´avoir une base dans le droit primaire de l´Union », en préservant l´acquis de l´Assemblée et sans créer un nouvel organe. Le Parlement européen et les parlements nationaux doivent se compléter et conjuguer leurs contrôles. L´Europe a besoin de toutes les légitimités démocratiques. |
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A la fin de la Conférence, le Sénateur Jean-Pierre Masseret (France, Groupe socialiste) a rendu public le Message de l´Assemblée aux Chefs d´Etat et de gouvernement de l´Union sur les orientations futures de la politique européenne de sécurité et de défense, à prendre en compte pour la réunion que tiendra le Conseil européen le 25 mars 2007, à l´occasion du cinquantième anniversaire du Traité de Rome. Ce Message est disponible sur le site de l´Assemblée (http://assembly.weu.int). De plus en plus de responsables politiques dans les exécutifs deviennent plus sensibles à la question du renforcement nécessaire du « contrôle démocratique » afin de soutenir et d´encourager l´action intergouvernementale dans le domaine de la PESD. Une solution adéquate doit être négociée entre les parlements et les gouvernements. Il faut intégrer cette question dans l´agenda politique des discussions en cours sur le futur de l´Europe. « Ce n´est donc pas la fin du voyage ! », estime le Président Masseret, « nous comptons sur le prochain Conseil européen du 25 mars pour lancer ce processus ». |