Paris, le 3 avril 2007 - Comme le souligne la Stratégie européenne de sécurité de décembre 2003, « la prolifération des armes de destruction massive constitue potentiellement la menace la plus importante pour notre sécurité ». « Il est donc nécessaire que les Européens parviennent à une évaluation commune des menaces et définissent une procédure pour aboutir à des décisions pour contrer ces menaces tous ensemble ! », souligne le Président de la Commission technique et aérospatiale de l´Assemblée, M. Edward O´HARA (Royaume-Uni, Groupe socialiste).
A la demande des Etats-Unis, la Pologne et la République tchèque envisagent d´accueillir des éléments utiles au système américain de défense antimissile balistique. Ces négociations bilatérales visent à installer dix missiles intercepteurs en Pologne et un système radar de détection des missiles en République tchèque. D´autres accords bilatéraux ont déjà été conclus par les Etats-Unis avec le Danemark en 2002 concernant la station radar de Thulé au Groenland et avec le Royaume-Uni en 2003 concernant la station radar de Fylingdales (dans le nord du Yorkshire).
« La mise en place d´un système de défense antimissile n´est pas critiquable en soi dès lors que les menaces le justifient. Ce qui est plus gênant, c´est l´absence de concertation entre Européens sur la question. L´attaque d´un pays européen par des missiles affectera forcément ses voisins. La véritable question qui se pose est donc celle de la ‘solidarité européenne´ face à la prolifération des armes de destruction massives et de leurs vecteurs », estime M. O´HARA.
« L´Assemblée a une longue expertise en matière de défense antimissile. Voilà plus de 20 ans qu´elle suit ces questions tant sur le plan politique que technologique. Ses recommandations les plus récentes en la matière visaient précisément à promouvoir une initiative européenne commune en la matière. Dans sa
Recommandation n° 690 adoptée en juin 2001, elle proposait déjà aux pays européens d´élaborer une position commune en ce qui concerne une défense antimissile, fondée sur une évaluation et une définition communes des dangers balistiques et sur l´élaboration d´un concept européen antimissile, et de présenter cette position au sein de l´OTAN. Parallèlement, dans sa
Directive n° 115, elle soulignait l´importance cruciale d´inclure la Russie dans le débat sur la défense antimissile et se prononçait en faveur d´un dialogue régulier avec la Russie. Dans sa
Recommandation n° 739 adoptée en décembre 2003, elle proposait aussi d´élaborer un programme européen de R&D afin de démontrer les capacités techniques et industrielles de l´Europe dans ce domaine ».