Environnement et sécurité : les défis du Grand Nord
Paris, le 5 juin 2007 - L´Assemblée de l´UEO a recommandé ce mardi l´adoption d´une stratégie globale reconnaissant l´importance du Grand Nord face aux défis du réchauffement climatique et de l´approvisionnement énergétique.
Présentant, au nom de la Commission politique, un rapport sur « La sécurité dans le Grand Nord », M. Pedro Agramunt (Espagne, Groupe fédéré) a souligné l´intention de l´Assemblée « d´envoyer un signal clair » aux dirigeants du G8 qui se réunissent en cette fin de semaine en Allemagne. « Nous attendons des décisions visionnaires » sur les changements climatiques, notamment dans le Grand Nord, « où ils sont plus visibles et plus rapides que partout ailleurs sur la planète », avec la fonte régulière de la calotte glaciaire.
|
|
« Le recul de la calotte glaciaire », a ajouté M. Agramunt, « ouvre des perspectives nouvelles pour l´exploration de gaz et de pétrole, notamment dans la mer de Barents, mais aussi pour les activités militaires ». Selon lui, le Grand Nord recèle 25% des réserves mondiales de pétrole qui, combinées avec les ressources en gaz, peuvent en faire « la région énergétique future de l´Europe ». « Notre but doit être de développer une politique intégrée d´approvisionnement énergétique et de protection climatique », a estimé le rapporteur en soulignant la responsabilité commune « de veiller à ce que le Grand Nord soit préservé et reste une des zones de faibles tensions du monde ». Le rapport relève que le développement actuel du dispositif militaire de la Russie, et notamment la modernisation de sa flotte de sous-marins, « risque d´affecter l´équilibre sécuritaire du Grand Nord qui reste le seul accès de ce pays à l´Atlantique ». |
M. Odd Einar Dørum (Norvège), co-rapporteur, a souligné l´ambition de son pays « de continuer d´être un fournisseur d´énergie sûr et stable ».
Invitée au débat de l´Assemblée, Mme Liv Stubholt, Secrétaire d´Etat au ministère des affaires étrangères de la Norvège, a estimé que « la Flotte russe du Nord ne représente pas une menace militaire directe contre la Norvège ». « Nous ne devons pas promouvoir un climat de guerre froide dans le Grand Nord. Nous ne devons être ni belliqueux, ni naïfs. La Russie fait partie de la solution », a-t-elle ajouté. Mme Stubholt s´est à cet égard félicitée que le programme de l´UE sur la « dimension septentrionale » ait évolué vers une conférence informelle regroupant aujourd´hui, sur un pied d´égalité, la Norvège, la Russie, l´Islande et la Finlande.
Au cours du débat, plusieurs parlementaires ont appelé à la ratification la plus large possible du Protocole de Kyoto sur la réduction de l´émission de gaz à effet de serre.