L´Assemblée pour un « concept européen » de défense antimissile
Paris, le 6 juin 2007 - L´Assemblée de l´UEO a appelé ce mercredi à l´élaboration, dans le cadre de l´UEO et de l´OTAN, d´un « concept de défense antimissile répondant aux intérêts européens, qui soit interopérable avec le système de défense antimissile balistique (BMDS) américain et ouvert aux propositions russes de coopération ».
Présentant, au nom de la Commission technique et aérospatiale, un rapport sur « La défense antimissile - Une position commune aux Européens ? », M. Edward O´Hara (Royaume-Uni, Groupe socialiste) a souligné que l´Assemblée ressentait « les inquiétudes suscitées par le risque d´un déclenchement d´une nouvelle course aux armements à la suite de la décision du déploiement de nouveaux éléments du système antimissile américain » en République tchèque et en Pologne, tout en considérant que « la prolifération d´armes de destruction massive (ADM) reste la source principale de la menace ».
Evoquant la réaction « hostile » et « véhémente » de Vladimir Poutine, M. O´Hara a mis en garde contre les effets d´une crise préjudiciable aux relations américano-russes, mais aussi « entre la Russie et l´Europe ». Estimant que la Russie devrait être toujours « présente dans la réflexion européenne », il a ajouté que le désir des Européens « de conserver de bonnes relations avec les Etats-Unis ne doit pas les empêcher d´afficher un scepticisme de bon aloi » sur l´opportunité du déploiement en Europe d´éléments de son système antimissile. Il s´est félicité de ce que M. Javier Solana, Haut représentant de l´UE pour la PESC, ait estimé que l´UE devait débattre de la défense antimissile, dès lors que cette dernière était susceptible d´affecter la sécurité européenne.
Pour l´Assemblée, il est urgent « d´entreprendre une analyse et une évaluation communes de la menace d´attaque contre l´Europe par des armes de destruction massive et des missiles » et « d´élaborer une position européenne commune sur la non-prolifération, le régime de contrôle des exportations et la technologie de défense antimissile ». Elle souhaite également que la Russie puisse « continuer à participer aux discussions sur la défense contre les missiles balistiques » pour notamment « tenter d´accroître la confiance mutuelle ».
|
|
Au cours du débat, un parlementaire russe, M. Alexander Klyukin, a réaffirmé que la Russie se réservait le droit de « prendre les mesures nécessaires » contre le déploiement en Europe du système antimissile américain qui « met l´Europe en première ligne du système de défense américain ». Soulignant le risque de « déséquilibre des forces » et la « situation de défiance » qui en découlerait, le parlementaire a rappelé la disposition de son pays « à une discussion ouverte et honnête sur les enjeux réels des menaces et les possibilités de coopération en matière de défense antimissile ». |