L’UEO recommande de développer les relations transatlantiques en matière de défense
Paris, le 4 décembre 2007 – L’Assemblée a demandé à l’Union européenne d’adopter un train de mesures afin d’encourager les relations transatlantiques dans les domaines de la défense et de la sécurité.
Le rapport présenté par M. Michael Hancock, (Royaume-Uni, Groupe libéral), au nom de la Commission politique et adopté à l’unanimité ce mardi, invite l’OTAN et l’UE à approfondir leur dialogue pour consolider la coopération afin d’exploiter leurs synergies dans la gestion civile et militaire de crise. Pour l’heure, le dialogue entre l’UE et l’OTAN « divise (les participants) plus qu’il ne les rapproche ».
L’Europe doit parvenir à un consensus sur les questions sécuritaires afin de susciter la confiance de l’opinion publique ; elle doit user de son influence pour trouver une solution durable à la question du statut du Kosovo et développer « un concept antimissile répondant aux intérêts européens, interopérable avec le système de défense antimissile (BMDS) des Etats-Unis et conciliable avec les propositions russes de coopération ». L’UE doit coopérer plus étroitement avec les Etats-Unis afin de juguler l’industrie de la drogue en Afghanistan et augmenter les investissements de manière à renforcer la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE).
L’objectif visé par ce rapport, a déclaré M. Hancock à l’Assemblée, est d’examiner certains « sujets de friction » dans les relations transatlantiques et d’ouvrir un débat sur la manière d’y remédier. Les questions clés à régler à cet égard sont le terrorisme, la situation « instable et explosive » au Moyen-Orient et l’avenir du Kosovo. Il y a également l’Afghanistan, les plans concernant l’après-retrait des troupes (« ce qu’elles laissent derrière elles » après une intervention) et l’abolition des restrictions nationales (« caveats ») au sein de l’OTAN, en vertu desquelles certains membres s’engagent dans une mission puis décident de ne pas affronter l’ennemi. « L’OTAN n’a pas le droit à l’échec en Afghanistan », a-t-il déclaré. « Si elle échoue, elle ne s’en remettra pas ».
S’adressant à l’Assemblée pendant le débat, le Dr Patricia Sanders, Directeur adjoint de l’Agence de défense antimissile des Etats-Unis, a souligné l’importance du dialogue entre les Etats-Unis et l’UE. Elle a estimé non fondée l’inquiétude suscitée par le déploiement des systèmes de défense antimissile en Pologne et en République tchèque, destinés à servir de bouclier contre les attaques de l’Iran, et a appelé à l’intégration des systèmes des Etats-Unis, de l’OTAN et de l’UE de manière à donner à l’Europe et aux Etats-Unis la plus large protection possible. Le plan ne vise pas à déstabiliser l’Europe, il « offre (au contraire) aux Etats-Unis et à l’Europe une option supplémentaire » en encourageant la non-prolifération nucléaire.
Le Dr Sanders a noté que tous les équipements de défense antimissile des Etats-Unis « ont été construits dans le but précis d’être interopérables avec les systèmes européens et ceux de l’OTAN ». Pour tenter d’apaiser l’hostilité manifestée par la Russie face aux installations prévues, les Etats-Unis ont proposé la mise en place d’un contrôle conjoint avec ce pays des capacités nucléaires de l’Iran et invité les responsables russes à visiter les sites de missiles des Etats-Unis. « J’espère qu’ils finiront par accepter », a-t-elle ajouté, notant que les Russes avaient assisté en tant qu’observateurs à un vol d’essai dans le cadre de la défense antimissile américaine. Elle a ajouté que l’Iran pourrait, d’ici 2020, se doter de missiles capables d’atteindre l’ensemble de l’Europe et les Etats-Unis et que, même s’il est difficile d’évaluer les menaces, « mieux vaut regretter d’avoir surestimé les risques que de les avoir sous-estimés ». La construction des sites de missiles en Europe doit aller de l’avant, même si les équipements n’entrent en fonction que plus tard.
Pendant un large débat, Baroness Knight of Collingtree (Royaume-Uni, Groupe fédéré) a déclaré que l’opposition russe au déploiement rendait les Tchèques et les Polonais nerveux et qu’il n’était ni acceptable ni raisonnable que la Russie « agite son sabre et profère des menaces » à la suite des décisions prises par les autres pays concernant les installations sur leur territoire national. M. Denis MacShane (Royaume-Uni, Groupe socialiste) a déclaré quant à lui que l’UE devait prendre l’initiative et reconnaître le Kosovo si celui-ci proclamait son indépendance le 10 décembre, et dire à la Serbie que l’adhésion à l’Union ne deviendra possible qu’avec l’indépendance du Kosovo.