L’UEO soutient la Turquie dans sa lutte contre le terrorisme du PKK
Paris, le 4 décembre – L’Assemblée a déclaré ce mardi qu’elle soutenait la Turquie dans sa lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation terroriste, mais que l’UE devait encourager le pays à « s’abstenir de toute action militaire disproportionnée ».
Un rapport intitulé « Les activités terroristes à la frontière entre la Turquie et l’Irak », présenté au nom de la Commission politique par M. Robert Walter (Royaume-Uni, Groupe fédéré), demande également aux pays de l’Union de prendre des mesures énergiques contre la collecte de fonds et le recrutement organisés par le PKK sur leurs territoires, afin d’encourager la Turquie à poursuivre les réformes allant dans le sens du respect des droits de tous les citoyens, Kurdes compris. D’autre part il exhorte les communautés kurdes à préserver leur identité culturelle par des moyens exclusivement pacifiques. Le rapport a été adopté à une large majorité à l’issue d’un débat animé.
Présentant son rapport, M. Walter a indiqué que la Turquie faisait « partie de notre famille européenne » et que l’UEO et l’UE devaient faire preuve de « solidarité envers la Turquie dans sa lutte contre le terrorisme, (…) encourager (nos) gouvernements à prendre des mesures, collectives et individuelles, pour s’efforcer d’éviter que ce problème dégénère et reconnaître le droit de la Turquie, en tant que nation souveraine, à se défendre». « L’UE ne disposait pas des structures politiques et militaires nécessaires pour intervenir lorsque l’ex-Yougoslavie s’est déchirée, mais ce n’est plus le cas. Nous avons les moyens politiques et militaires pour faire face à une crise », a-t-il dit, ajoutant qu’il serait surpris que les organes concernés n’aient pas de plans de circonstance prêts à être appliqués « si jamais la situation se détériorait ».
M. Rudi Vis (Royaume-Uni, Groupe socialiste), membre de la commission, a rejeté les recommandations en raison de l’occupation par la Turquie du Nord de Chypre depuis 1974. « Il est inconcevable qu’un pays candidat (à l’UE) puisse occuper une partie de territoire d’un membre à part entière ». M. Theodoros Pangalos (Grèce, Groupe socialiste) a mis en garde contre la répétition des erreurs commises en Irak, où les tentatives pour établir une démocratie ont rapidement tourné au fiasco. « Au Kurdistan, une occupation censée être de courte durée pourrait se prolonger pendant des décennies », a-t-il prévenu.
Le débat sur la crise a comporté des interventions du Ministre de la défense de la République de Turquie,
M. Vecdi Gönül, et de l’Ambassadeur de la République d’Irak en France, M. Mowafak Abboud, qui ont rappelé chacun la position de leur pays. Soulignant que le PKK entraîne la mort et la dévastation, M. Gönül a déclaré que ses membres s’abritaient dans le nord de l’Irak, utilisant la région comme base pour préparer leurs attaques contre la Turquie et comme centre d’endoctrinement et de formation militaire. Après avoir « fait preuve de la plus grande modération face à l’escalade des attentats terroristes », la Turquie pourrait exercer « son droit légitime et souverain à protéger son peuple » en lançant des opérations transfrontalières en Irak « pour éradiquer les repaires de terroristes qui n’ont pu être éliminés par les autorités irakiennes ». Toutes les opérations seront menées conformément aux normes internationales », a-t-il ajouté.
M. Abboud a été clair à ce sujet : « l’Irak se tient résolument aux côtés de la Turquie dans la lutte contre la menace terroriste que représente le PKK et il a fait part de sa détermination à prendre toutes les mesures nécessaires pour s’opposer aux activités du PKK dans la zone frontalière avec l’Irak ». Il a ajouté que l’Irak avait déjà pris un certain nombre de dispositions concrètes, dont la fermeture de tous les bureaux locaux du PKK, la mise en place d’un comité regroupant l’Irak, la Turquie et les Etats-Unis, et il a annoncé que les postes frontières seraient reconstruits et armés afin d’empêcher les membres du PKK de traverser la frontière.
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