Séance spéciale d’information pour les membres de l’Assemblée au siège de l’OTAN
MM. Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l'OTAN, Robert Walter MP (Royaume-Uni), Colin Cameron, Secrétaire général de l'Assemblée de l'UEO
Paris, le 15 février 2008. – A l’invitation du Secrétaire général de l’OTAN, M. Jaap de Hoop Scheffer, les parlementaires de l’Assemblée se sont réunis au siège de l’OTAN, à Bruxelles, le lundi 11 février, pour une séance d’information sur le prochain sommet de l’OTAN à Bucarest.
Les sujets déjà abordés le week-end dernier à Munich, lors de la Conférence sur la sécurité, ont de nouveau été au centre des préoccupations : les opérations en Afghanistan et au Kosovo, les relations entre l’OTAN et l’Union européenne, les rapports avec la Russie et l’Ukraine et la place de la France au sein de l’OTAN.
L’Ambassadeur Richard Duqué, Représentant permanent de la France, qui a ouvert les débats, a commenté les déclarations de l’Elysée et du ministre français de la défense concernant la possibilité que la France reprenne toute sa place au sein de la structure militaire intégrée de l’OTAN. Le gouvernement français considère notamment qu’un retour de la France n’est possible que si la défense européenne est renforcée. Quant à l’OTAN elle-même, il est nécessaire de réviser son système de planification de la défense et de réformer plus en profondeur sa structure de commandement.
Les deux représentants militaires, le Général Sir John McColl, Adjoint au SACEUR, et le Général de corps d’armée Karl W. Eikenberg, Président délégué du Comité militaire de l’OTAN, ont souligné la qualité des relations qu’entretiennent les militaires servant à l’OTAN et à l’UE. Le blocage entre les deux organisations est purement politique et risque de créer de coûteux doublons ainsi qu’une rivalité dommageable. Il est urgent de parvenir à s’entendre au plus haut niveau sur les structures de commandement, les accords de planification, etc. pour pouvoir répondre avec le maximum d’efficacité aux nombreuses crises auxquelles l’Alliance et l’UE sont confrontées.
Les entretiens avec l’Ambassadeur James Pardew ont porté sur les opérations en cours en Afghanistan et au Kosovo.
En ce qui concerne l’Afghanistan, tous les problèmes actuels sont à l’étude, notamment les effectifs nécessaires et les clauses restrictives (« caveats ») imposées à différents contingents. L’OTAN ne recherche pas une solution militaire. Assurer la sécurité n’est que l’une des mulitples clés de la réussite et ce qu’il faut maintenant, c’est un programme global avec une direction internationale solide et centralisée qui s’emploie à améliorer la situation du peuple afghan. Le gouvernement afghan doit être mieux à même de tenir les rênes du pays et s’engager à mettre sur pied des forces militaires et de police nationales aptes à remplir leur fonction.
La KFOR, force militaire de l’OTAN au Kosovo, se tient prête, dans l’attente de la déclaration d’indépendance. Les plans d’urgence sont bouclés et la KFOR est convaincue qu’elle pourra assurer la sécurité à l’intérieur des frontières du Kosovo.
L’Ambassadeur Robert Simmons a souligné l’importance de la position de la Russie à l’égard du Kosovo. Il a également présenté l’état de la situation concernant les partenariats de l’OTAN et les autres programmes d’ouverture et la suite qui pourrait leur être donnée lors du prochain sommet de Bucarest.
Le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer (qui fut un membre très actif de l’Assemblée) a apporté un éclairage politique aux discussions couvrant toute la gamme des questions non résolues, depuis l’Afghanistan et le Kosovo jusqu’à la défense antimissile, en passant par les relations de l’OTAN avec la Russie, l’Ukraine et en particulier l’Union européenne, sans oublier les liens entre les agences d’armement de l’OTAN et l’Agence européenne de défense qui doivent être développés de manière plus constructive.
Le Secrétaire général a également déploré l’absence de progrès réels dans les relations générales entre l’OTAN et l’UE qui sont riches de potentialités mais demeurent extrêmement limitées pour des raisons bien connues.
A propos du défi du Kosovo, le Secrétaire général a estimé que la KFOR était parée à toute éventualité.
Les opérations en Afghanistan représentent pour l’OTAN un investissement important qui s’avère rentable dans certains domaines clés tels que les programmes d’équipement et la transformation des forces.
Le problème essentiel que rencontre l’Alliance en Afghanistan réside dans les différences d’approche entre ses 26 Etats membres, tant en ce qui concerne leur participation proprement dite que les « caveats » imposés à certains contingents nationaux, ce qui réduit considérablement l’efficacité de l’ensemble de l’opération.
Dans ce contexte, Jaap de Hoop Scheffer a souligné l’importance de l’opinion publique pour l’OTAN. Le soutien des parlementaires étant essentiel pour convaincre les citoyens, il a demandé aux membres de l’Assemblée de l’aider à expliquer et encourager les initiatives de l’OTAN.
Historique : L’Assemblée de l’UEO, l’unique assemblée interparlementaire européenne de la sécurité et de la défense, a été créée en 1954 par le Traité de Bruxelles modifié. Le traité comporte une clause de défense mutuelle inconditionnelle (article V) et établit un lien organique entre l’UEO et l’OTAN (article IV). Il a créé l’Assemblée, à laquelle quelque 40 pays européens envoient leurs représentants parlementaires. Ils incluent tous les pays membres de l’UE et les pays membres européens de l’OTAN ainsi que la Russie, l’Ukraine et les Etats des Balkans. L’Assemblée examine et soutient les activités intergouvernementales européennes dans tous les domaines de la sécurité et de la défense, y compris la coopération en matière d’armements. A la suite du transfert des activités opérationnelles de l’UEO à l’UE, l’Assemblée assume également la fonction de forum interparlementaire pour la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) sur la base des instruments parlementaires prévus par le cadre juridique des traités.
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