Imprimer
Presse & Multimédias
| 2000 | 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 | 2007 | 2008 |

Jean-Pierre Jouyet pour une «vision politique renouvelée » de la PESD
Paris le 3 juin 2008  – M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’état français chargé des affaires européennes a tout d’abord salué le rôle que l’Assemblée « joue de longue date dans l’élaboration et la diffusion d’une véritable culture de sécurité et de défense commune au sein des parlements nationaux d’un nombre très important de pays européens, grâce à ses débats et à la qualité de ses rapports ». Il s’est prononcé mardi pour « une relance de la PESD inscrite dans une vision politique renouvelée » notamment « fondée sur la perspective d’une rénovation forte de notre relation avec l’OTAN ».
Rappelant devant l’Assemblée que « le développement de la PESD était inscrite parmi les priorités » de la prochaine présidence française de l’UE, le ministre a estimé que « dans un contexte de multiplication des crises et face aux défis partagés, l’UE et l’OTAN doivent aujourd’hui agir ensemble en se renforçant mutuellement. Ce n’est plus l’OTAN ou l’Europe de la défense, c’est l’Europe de la défense et l’OTAN », a-t-il lancé en rappelant que 21 des 27 pays membres de l’UE sont aussi membres de l’Alliance Atlantique. En réponse à une question, il ajouté que ce rapprochement stratégique était déjà en marche « les Etats-Unis reconnaissant aujourd’hui qu’ils ont intérêt à une capacité européenne de défense autonome ».
Cette complémentarité ne pourra exister pleinement qu’à la condition que « s’amorce un mouvement de fond pour relancer l’Europe de Défense dans une perspective qui dépasse notre seule présidence ». Reconnaissant que des « progrès ont été accomplis depuis dix ans», M. Jouyet a affirmé que « les moyens des Européens ne sont pas à la hauteur des crises actuelles et futures » comme en ont témoigné « les difficultés pour lancer l’opération EUFOR au Tchad ».
Pour relancer la PESD, la Présidence française s’articulera autour « de cinq grands objectifs ». D’abord l’élaboration d’une « stratégie de sécurité réactualisée pour les dix prochaines années», rendue « indispensable par le passage, depuis 2003, d’une Union de 15 à 27 membres » et par « l’évolution des menaces ». En second lieu, l’Europe « doit renforcer ses capacités civiles et militaires » par de « nouveaux projets capacitaires structurants dont les 27 soutiendraient le principe même s’ils n’étaient initiés que par quelques pays ».  M. Jouyet a notamment formulé des suggestions pour « un groupe naval européen autour du porte-avion britannique ou français , et pour une flotte commune d’A400M pour le transport stratégique » . La France souhaite en outre parvenir à un accord politique sur le « paquet défense » afin de dynamiser le marché européen de l’armement, notamment par le biais de l’Agence européenne de défense.
Evoquant la possibilité nouvelle donnée par le Traité de Lisbonne d’une « coopération structurée permanente (CSP) entre les Etats qui remplissent des critères plus élevés de capacités militaires », M. Jouyet  a indiqué que la France « lancera le débat sur la condition de sa mise en œuvre » qui  « en tout état de cause ne pourra intervenir qu’en 2009 ». « Nous voulons privilégier une approche inclusive large tirant le plus grand nombre d’Européens vers le haut ». « La CSP ne doit pas servir à créer un quelconque directoire (de la PESD). Personne ne doit être exclu » a-t-il affirmé.
Lors du débat, M. Jouyet a reconnu que les différences croissantes entre les budgets européens de la défense et celui des Etats-Unis devra être inéluctablement abordé après l’adoption des projets français pour une relance de la PESD qui renforce son autonomie.

www.assemblee-ueo.eu
AESD - Service Presse et Information - 43, avenue du Président Wilson – 75775 Paris Cedex 16 – France
Tél. 00.33.1.53.67.22.00 – Fax 0033.1.53.67.22.01 - email : press@assembly.weu.int