L’EUFOR : « un test de crédibilité pour l’UE »
Paris, le 4 juin 2008 – L’Assemblée a estimé ce mercredi que le déploiement des forces européennes de l’EUFOR au Tchad et en République centrafricaine pour protéger les populations réfugiées victimes du conflit du Darfour constituait à la fois « un grand pas en avant et un test de crédibilité pour la PESD et l’UE ».
Présentant un rapport au nom de la Commission de défense, M. René Rouquet (France, Groupe socialiste) a jugé qu’il était encore « trop tôt pour tirer des conclusions sur cette opération », la cinquième et « la plus importante en effectifs » menée par l’UE dans le cadre de la PESD. Il a ainsi rappelé que 2 380 hommes étaient déjà déployés fin avril afin de satisfaire à un objectif global de 3 700 hommes. 14 Etats membres ont mis à disposition des forces sur le terrain, les principaux contributeurs étant la France (2 000 hommes), la Pologne (400) et l’Irlande (400), tandis que 22 autres pays participent à l'état-major de l’opération à Paris. Selon le Général irlandais Patrick Nash, commandant stratégique de l’EUFOR, cette mission « se déroulera dans un environnement complexe, un terrain militaire hostile et constituera un défi logistique énorme ».
M. Rouquet a rappelé que le lancement de cette mission européenne avait été « applaudi par l’ONU, les médias et la société civile », qui ont vu dans cette opération une responsabilisation des Européens face à la violence des conflits du Darfour, laquelle a provoqué au moins 200 000 morts et le déplacement de deux millions de réfugiés.
« Soutenant pleinement les efforts de la mission EUFOR », l’Assemblée a néanmoins appelé à plus de souplesse dans le mécanisme de prise de décision politique (où l’unanimité est requise). En effet, il a fallu six mois pour décider le déploiement de l’EUFOR. L’Assemblée préconise également « une réforme rapide du mécanisme Athena » pour le financement des coûts communs des opérations militaires de gestion des crises par l’Union européenne. Dans le cas particulier de l’EUFOR, ce mécanisme ne prend en charge qu’une minorité des coûts totaux de la mission (120 millions d’euros sur un montant global d’un demi-milliard d’euros). L’Assemblée souhaite également que l’UE « dispose d’une capacité de planification et de commandement des opérations réellement permanente et réactive » et qu’elle « réexamine le concept de nation cadre suite aux grandes difficultés rencontrées lors de la phase de génération de forces ».
M. Ruhi Acikgöz (Turquie), co-rapporteur, a appelé l’UE à « collaborer de façon plus étroite avec des pays non membres ». Il a regretté que « pour des raisons politiques, la Turquie ne puisse pas participer, pour l’instant, à la PESD comme elle l’aurait voulu ».